September 27, 2015 / 5:33 PM / 2 years ago

Wall Street se prépare à une saison de résultats sans éclat

5 MINUTES DE LECTURE

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 27 septembre (Reuters) - Wall Street s'attend à ce que la période des publications de résultats trimestriels qui s'approche soit sombre et n'anticipe pas d'amélioration rapide.

Les analystes ont revu à la baisse leurs estimations pour le troisième trimestre, qui s'achève mercredi, et pour les suivants. Si leurs projections sont confirmées par les publications, les actions, déjà bien valorisées, pourraient être jugées trop chères.

Les estimations pour l'indice Standard & Poor's-500 prédisent actuellement une baisse globale de 3,9% des profits par rapport à l'an dernier, selon les données Thomson Reuters, et la moitié des 10 grands secteurs de l'indice devraient afficher des bénéfices en recul, en raison de la chute des cours du pétrole, de l'appréciation du dollar et de la dégradation de la demande mondiale.

Les prévisions pour les trimestres à venir sont elles aussi mal orientées: les estimations de bénéfice par action à 12 mois donnent un recul de près de 2%, du jamais vu depuis fin 2009, selon les données Thomson Reuters I/B/E/S.

Cette perspective est préoccupante pour les investisseurs car les multiples de valorisation sont au-dessus de leurs niveaux historiques en dépit de la baisse récente des marchés.

Le S&P-500 a perdu environ 9% depuis son plus haut de clôture du 21 mai, en raison des inquiétudes liées au ralentissement de la croissance en Chine et des incertitudes sur l'évolution des taux d'intérêt. Et la dégradation des perspectives de bénéfices des entreprises constitue un motif supplémentaire de préoccupation.

Point Bas

Au cours des derniers jours, le géant des engins de chantier et de terrassement Caterpillar a abaissé sa prévision de chiffre d'affaires 2015 et annoncé jusqu'à 10.000 suppressions de postes.

Et il n'est pas un cas isolé: sur la semaine écoulée, la liste des avertissements sur résultats inclut Pier 1 Imports et Bed Bath and Beyond, dont les nouvelles prévisions pour le troisième trimestre sont inférieures aux attentes des analystes.

A l'opposé, le géant des articles de sport Nike a inscrit un record à Wall Street après la publication de résultats solides jeudi soir.

Mais son cas reste isolé: au sein du S&P-500, les prévisions négatives pour le troisième trimestre sont 3,2 fois supérieures aux positives, un rapport supérieur à la moyenne historique, qui est de 2,7, selon les données Thomson Reuters.

"Comment pourrait-on faire monter le marché avec tous ces signaux qui ne traduisent pas vraiment la prospérité ?", s'interroge Daniel Morgan, gérant senior de Synovus Trust Company.

Pour autant, dans la grande majorité des cas, les résultats effectifs publiés par les entreprises sont supérieurs aux prévisions.

"Cette partie du cycle des résultats est généralement marquée par un point bas en terme d'estimations", explique ainsi Greg Harrison, analyste senior de Thomson Reuters.

Sur les deux premiers trimestres de cette année, avant que ne débutent les publications de résultats, le marché tablait de fait sur une baisse des profits du S&P-500, or ceux-ci sont ressortis en hausse.

Chute De près De 65% Des Profits en Vue Dans L'énergie

A 1.931,34 points en clôture vendredi, le S&P-500 est valorisé environ 16 fois les bénéfices attendus sur les 12 prochains mois, un ratio inférieur au pic de 17,8 atteint cette année mais supérieur à la moyenne historique, proche de 15. Il faudrait que l'indice revienne autour de 1.800 points pour ramener sa valorisation à sa moyenne historique.

Autre élément préoccupant, le ratio cours/bénéfice (PER) du S&P-500 calculé sur la base des estimations pour les quatre prochains trimestres se rapproche de celui établi en prenant en compte les profits publiés pour les quatre derniers trimestres; une convergence qui traduit elle aussi la dégradation des estimations.

Le PER "passé" ressort à environ 16,5 selon les données Thomson Reuters. L'an dernier à la même époque, le PER "avancé" était déjà à 16 mais le PER "passé" était de 17,6.

La dernière période de convergence de ces deux indicateurs remonte à 2009, lorsque les résultats se dégradaient en raison de la crise financière.

La baisse attendue de 3,9% des bénéfices au troisième trimestre, bien plus marquée que celle de 0,4% anticipée début juillet, serait la première baisse des profits du S&P-500 depuis le troisième trimestre 2009.

La chute des résultats devrait atteindre 64,7% dans le secteur de l'énergie avec l'effondrement des cours du pétrole. Hors énergie, le S&P-500 devrait afficher une hausse de 3,7% de ses profits.

Dans le secteur des matières premières, les bénéfices devraient avoir diminué de 13,8% sur juillet-septembre, alors que la baisse est attendue à 3,6% pour l'industrie.

Marc Angrand pour le service français

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