Brésil-Rebond du real après une menace d'intervention

jeudi 24 septembre 2015 19h25
 

BRASILIA/SAO PAULO, 24 septembre (Reuters) - Le real brésilien a inscrit jeudi un nouveau plus bas historique face au dollar avant de rebondir quand le gouverneur de la banque centrale a brandi la menace d'une intervention.

Lors d'une conférence de presse convoquée à la hâte, Alexandre Tombini n'a pas exclu de puiser dans les réserves de devises étrangères du pays - l'équivalent de 371 milliards de dollars (330 milliards d'euros) - pour ramener le calme sur le marché des changes.

"Dans ce processus (pour calmer la volatilité), tous les instruments sont à la disposition de la banque centrale", a-t-il dit, s'engageant par ailleurs à maintenir les taux d'intérêt à leur niveau actuel pendant une période de temps prolongée même si les prévisions d'inflation sont désormais supérieures à l'objectif de la banque centrale.

Après ces déclarations, le real se traitait à 4,069 pour un dollar après avoir reculé auparavant jusqu'à 4,248, nouveau plus bas historique depuis sa création en 1994.

Le real souffre, comme d'autres devises latino-américaines, des inquiétudes pour la croissance mondiale mais le mouvement est amplifié au Brésil par la crainte d'une crise politique grave si les députés adoptent, contre la volonté du gouvernement, des textes ouvrant la voie à une hausse des dépenses publiques.

Une source proche des conseillers économiques du gouvernement avait assuré mercredi qu'il n'était pas question pour le moment de puiser dans les réserves de change.

Le real s'est déprécié d'un tiers environ face au dollar depuis le début de l'année.

Dans son rapport trimestriel sur l'inflation publié jeudi, la banque centrale a relevé sa prévision d'inflation 2016 à 5,3% au lieu de 4,8% précédemment.

L'inflation élevée complique les efforts des autorités puisque des hausses de taux viendraient aggraver la récession.

Publiés jeudi, les chiffres du chômage ont montré un huitième mois consécutif de hausse. A 7,6% en août contre 7,5% le mois précédent, le taux de chômage est à son plus haut depuis cinq ans, bien loin du plus bas record de 4,3% atteint en décembre.

La crise politique et économique fait craindre qu'une autre grande agence de notation emboîte le pas à Standard & Poor's en dégradant la note du Brésil en catégorie spéculative ("junk"), ce qui contraindrait les grands fonds institutionnels à se retirer. (Alonso Soto et Walter Brandimarte, Véronique Tison pour le service français)