La gouvernance de Bank of America face à la grogne des investisseurs

mardi 22 septembre 2015 14h19
 

BOSTON/NEW YORK, 22 septembre (Reuters) - Un groupe d'actionnaires de Bank of America va tenter ce mardi d'empêcher Brian Moynihan de cumuler les fonctions de directeur général et de président et, qu'ils réussissent ou qu'ils échouent, ces investisseurs ont déjà remporté une victoire par le simple fait d'avoir contraint la banque à convoquer une assemblée générale extraordinaire (AGE).

Le vote organisé mardi est l'aboutissement d'un travail de sape entrepris depuis plusieurs mois par un groupe d'investisseurs, parmi lesquels le principal fonds de pension du secteur public américain, le California Public Employees Retirement System (CalPERS).

Ces investisseurs se sont mobilisés après la décision prise en octobre 2014 par la banque de confier à son directeur général Brian Moynihan la présidence du conseil d'administration.

Le fonds de retraite des enseignants californiens CalPERS et d'autres fonds de pension considèrent que la banque est passée outre un vote des actionnaires datant de 2009 et ayant abouti à la séparation des fonctions de président et de directeur général afin de donner une plus grande indépendance à ce dernier.

La campagne menée par les fonds de pension n'a ensuite cessé de prendre de l'ampleur même si la banque les a ignorés dans un premier temps.

Quelques jours avant l'assemblée générale, Bank of America a finalement fait machine arrière et a annoncé qu'elle laisserait ses actionnaires se prononcer sur la question dans le courant de l'année. En août, elle a annoncé la tenue d'une AGE, un événement habituellement organisé dans des circonstances exceptionnelles.

Cette initiative illustre le fait que les dirigeants d'entreprise ne doivent plus considérer les assemblées générales comme de simples chambres d'enregistrement de leurs décisions, souligne Anne Simpson, responsable de la gouvernance mondiale au sein de CalPERS.

"Je n'ai pas souvenir d'une seule fois où une entreprise a convoqué une AGE pour débattre d'une question de gouvernance. Cela illustre l'ampleur des nos avancées", a-t-elle dit à Reuters.

Le vote devrait être serré et la banque s'est engagée à en respecter le résultat. Au-delà des fonds de pension, CalPERS espère rallier un large évential d'actionnaires, bien plus attentifs aux questions de gouvernance depuis la crise financière, a souligné Anne Simpson. (Ross Kerber et Dan Freed; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)