Tusk réclame une véritable politique migratoire européenne

vendredi 18 septembre 2015 21h47
 

BRUXELLES, 18 septembre (Reuters) - Les Européens ne sont pas parvenus à protéger leurs frontières extérieures et ils se rejettent cette responsabilité les uns sur les autres, a déclaré vendredi le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui a réclamé la mise en place d'une véritable politique migratoire européenne.

Les dirigeants de l'Union européenne doivent se rencontrer mercredi pour un sommet extraordinaire à Bruxelles pour tenter de trouver des solutions à la crise des migrants.

Plus de 500.000 d'entre eux sont arrivés cette année, en grande majorité fuyant les conflits en Syrie et en Irak.

Dans un courrier adressé aux dirigeants des 28 membres de l'Union européenne, Donald Tusk estime que cette crise vient tester l'humanité et le sens des responsabilités des Européens et il souligne qu'elle durera quelques années encore.

"En tant qu'Européens, nous ne sommes actuellement pas capables de gérer nos frontières extérieures, si bien que certains Etats décident de se protéger en fermant leurs propres frontières."

"La protection de la communauté européenne est le premier de nos devoirs et c'est une obligation que nous ne sommes pas parvenus à respecter. Trop longtemps nos discussions se sont limitées à se rejeter la responsabilité les uns sur les autres", écrit Donald Tusk.

Il est selon lui primordial de construire une politique migratoire européenne crédible. Les discussions de mercredi porteront également sur les modalités de l'aide à apporter aux pays en première ligne des vagues migratoires, Italie, Grèce ou Hongrie.

Les dirigeants devront également évoquer la coopération avec la Turquie qui accueille déjà deux millions de réfugiés sur son sol et avec les autres pays voisins de la Syrie.

L'Union européenne devra en outre fournir des financements à l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés et au Programme alimentaire mondial et discuter de la mise en oeuvre des accords européens sur la reconduite et la réadmission des migrants.

"Il y a toutefois une question sur laquelle nous ne pouvons nous permettre d'attendre. Le programme alimentaire mondial a besoin d'argent pour nourrir 11 millions de personnes en Syrie et dans la région", a-t-il ajouté. (Jan Strupczewsk,; Nicolas Delame pour le service français)