La zone euro pourrait plafonner le service de la dette grecque

jeudi 17 septembre 2015 19h49
 

BRUXELLES, 17 septembre (Reuters) - Les Etats de la zone euro, premiers créanciers de la Grèce, sont prêts à plafonner le coût du service de la dette de celle-ci à 15% du produit intérieur brut (PIB) par an sur le long terme, a-t-on appris de plusieurs responsables de la zone euro.

Le montant consacré chaque année par l'Etat grec au paiement des intérêts et au remboursement de la dette publique pourrait ainsi diminuer en cas de ralentissement économique et augmenter si la croissance est plus soutenue.

La Grèce plaide pour une réduction du montant nominal de sa dette aux autres pays de la zone euro, qui atteint aujourd'hui 197 milliards d'euros, mais les ministres des Finances de l'Eurogroupe ont catégoriquement exclu cette hypothèse le mois dernier.

Si la "revue" des réformes mises en oeuvre par le gouvernement grec prévue au cours des deux prochains mois montre qu'Athènes tient ses engagements, la zone euro acceptera de modifier certains paramètres de ses prêts pour faire en sorte que le coût du service de cette dette n'excède pas 15% du PIB, ont expliqué les sources.

"C'est désormais largement accepté", a dit un responsable de la zone euro informé de l'évolution des discussions et qui a requis l'anonymat. "Il y a désormais un consensus sur le fait que c'est la marche à suivre."

En avril, le montant total de la dette publique grecque atteignait 301,5 milliards d'euros, soit 168,8% du PIB, contre 177,1% en 2014.

Pour le Fonds monétaire international (FMI), la dette publique d'un Etat n'est soutenable qu'à condition de ne pas dépasser 120% du PIB.

"Pour la Grèce, toutefois, cela n'a pas de sens, car cela ne prend pas en compte les délais de grâce, les taux d'intérêt extrêmement bas et les maturités longues qui permettent de maintenir le coût de la dette à un niveau très faible, inférieur, par exemple, à celui de l'Allemagne", a expliqué un autre responsable de la zone euro.

"La nouvelle méthode d'évaluation de la soutenabilité de la dette consiste donc à prendre en compte le coût du service de la dette en pourcentage du PIB, et celui-ci ne devrait pas excéder 15%", a-t-il ajouté.

Cette année, le service de la dette grecque devrait représenter 11% du PIB et il devrait diminuer au cours des prochaines années, avant de remonter à partir de 2023, après l'expiration du délai de grâce accordé à Athènes par la zone euro.

(Marc Angrand pour le service français)