Gestion-L'allocation d'actifs devient de "l'allocation du risque"-H20 AM

jeudi 17 septembre 2015 19h01
 

PARIS, 17 septembre (Reuters) - H20 Asset Management estime que les politiques des grandes banques centrales - taux nuls et injections massives de liquidités - ont eu pour effet progressif depuis 2008 de gommer la différence entre les classes d'actifs financiers et de modifier considérablement le métier de la gestion.

"L'assouplissement quantitatif (QE) à grande échelle a profondément modifié les comportements et affecté la liquidité des marchés", a souligné jeudi Vincent Chailley, directeur des gestions de H20 AM, filiale de Natixis AM.

Dans ce nouvel environnement de surabondance de liquidités, l'allocation d'actifs a cédé la place "à l'allocation du risque", les flux de capitaux étant devenus le principal critère d'investissement au détriment des fondamentaux.

Pour Bruno Crastes, directeur général de H20 AM, "on assiste plutôt à un rebalancement de l'économie mondiale en faveur des pays développés plutôt qu'à un ralentissement mondial".

Il estime que le "contre choc pétrolier (chute des prix du pétrole) est une sorte de réduction d'impôt pour les économies développées" et constate parallèlement une accélération de la croissance américaine au second semestre et une amélioration des fondamentaux en Europe.

"Le QE de la BCE maintient la pression sur les taux d'intérêt et sur l'euro", dit-il ajoutant que les "investisseurs sortent des émergents et sont plus prudents aux Etats-Unis" où la Fed à un moment ou à un autre cette année relèvera ses taux.

Les investisseurs cherchent "une nouvelle destination pour leurs capitaux" alors qu'"une configuration exceptionnelle va tendre à réduire les primes de risques Europe", a expliqué Bruno Crastes.

Autre facteur négatif, les nouvelles réglementations bancaires ont eu pour effet de réduire quasiment à néant l'activité de teneurs de marché, gourmande en fonds propres, ce qui a détérioré la liquidité des titres, notamment sur les marchés du crédit. (Raoul Sachs, édité par Jean-Michel Bélot)