L'agence bancaire continue de perdre du terrain en France-étude

jeudi 17 septembre 2015 13h01
 

PARIS, 17 septembre (Reuters) - La tendance ne se dément pas: les Français sont de moins en moins nombreux à passer à leur agence bancaire et ce, quel que soit le type d'opération qu'il souhaite réaliser, montre une étude publiée jeudi par le cabinet de conseil Deloitte.

"L'agence, cela baisse partout", constate Daniel Pion, un associé du groupe de consultants, qui a commandé auprès d'Harris Interactive un sondage réalisé en mai auprès d'un échantillon de 3292 clients de banques françaises.

Près d'un quart (24%) des personnes interrogées lors de cette étude déclarent ne plus utiliser les services de leur agence, contre 14% en 2014. A l'inverse, seuls 3% des Français ont uniquement recours au canal agence, un chiffre qui, lui, reste stable.

"Même pour des opérations complexes, l'agence perd du terrain", décrypte le consultant, qui pointe la poursuite de la baisse du pourcentage de clients à passer à l'agence pour des démarches telles que souscrire un contrat d'assurance-vie ou passer un ordre de Bourse.

L'internet fixe mais surtout mobile s'impose de plus en plus pour tous les types d'opérations, comme la consultation des comptes ou la recherche d'informations sur les produits bancaires.

Les fintechs (technologies innovantes liées au secteur financier) qui proposent des services financiers concurrents de ceux des banques, constituent également un défi pour les établissements bancaires traditionnels.

Pour Deloitte, la question qui se pose aux banques françaises n'est pas de réduire la taille de leur réseau mais plutôt de repenser le format et les services qu'offrent leurs agences afin de conserver leurs clients face à la concurrence des banques 100% en ligne.

Fort de ce constat, de grands réseaux bancaires ont déjà lancé ce chantier en inaugurant des agences spécialisées dans des produits spécifiques comme les prêts immobiliers ou dédiées à un type particulier de clientèle, comme les étudiants. (Julien Ponthus, édité par Dominique Rodriguez)