BOURSE-E.ON et RWE chutent en raison des provisions pour le nucléaire

mardi 15 septembre 2015 17h58
 

(Actualisé avec cours de clôture, déclarations du ministre allemand de l'Economie, précisions)

FRANCFORT/BERLIN, 15 septembre (Reuters) - Les titres E.ON et RWE ont chuté mardi en Bourse de Francfort en raison d'un article paru sur le site internet de l'hebdomadaire Spiegel selon lequel les énergéticiens allemands doivent encore provisionner jusqu'à 30 milliards d'euros pour construire des sites de dépôts des déchets nucléaires.

Le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, a tenté de voler au secours des électriciens allemands en dénonçant des "spéculations irresponsables" dans la presse, mais cela n'a pas suffi à enrayer la baisse de leurs actions.

Le titre E.ON a perdu 6,15% à 8,04 euros après avoir sombré en cours de séance à un creux de 22 ans tandis que RWE a touché ses plus bas niveaux historiques avant de finir sur un recul de 3,31% à 11,41 euros.

Les deux valeurs, avec EDF (-3,58%) que Morgan Stanley a déclassé à "sous-pondérer", ont enregistré les trois plus fortes baisses de l'indice européen Eurofirst 300, qui a lui-même progressé de 0,99%. Elles ont pesé sur tout le secteur européen des services aux collectivités (utilities) (-0,14%), l'un des rares secteurs en repli en Europe.

E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall doivent démanteler leurs centrales nucléaires d'ici la date limite de 2022 fixée par le gouvernement d'Angela Merkel à la suite de la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.

Selon le Spiegel Online, les conclusions préliminaires d'un cabinet d'audit nommé par le ministère de l'Economie montrent un besoin de nouvelles provisions pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros pour financer leur sortie du nucléaire.

La société d'audit estime que les 39 milliards d'euros déjà provisionnés par les groupes concernés pour démanteler leurs centrales nucléaires sont suffisants, mais il manque selon elle des fonds pour le stockage des déchets nucléaires.

Sigmar Gabriel a assuré mardi que cet audit, censé être publié dans le courant de l'automne, n'était pas terminé et ses services ont démenti les chiffres avancés dans la presse.   Suite...