SALON-L'automobile ne recrute pas assez dans le digital-Etude

lundi 14 septembre 2015 19h31
 

par Gilles Guillaume

FRANCFORT (Allemagne), 14 septembre (Reuters) - L'automobile doit recruter davantage de dirigeants dans les nouvelles technologies si elle veut rester dans la course face aux ambitions de nouveaux entrants comme Tesla, Google ou Apple, peut-on lire dans une étude réalisée à l'occasion du 66e salon de l'automobile de Francfort, qui ouvre ses portes à la presse mardi.

Selon l'étude de Russell Reynolds Associates, cabinet spécialisé dans la gouvernance, et dont Reuters s'est procuré des extraits, le profil des 42 dirigeants passés au crible montre que le secteur automobile reste relativement traditionnel dans la gestion de ses carrières.

"Le DG type du secteur automobile a 60,6 ans en moyenne (...) et il a rarement eu une expérience en dehors de sa société, et encore moins dans un environnement digital", peut-on lire dans l'étude. "L'ère du management homogène et centré sur lui-même est révolue (...) la diversité est appelée à devenir la règle en matière de recrutement (...) en ces périodes de rupture."

A côté du métier traditionnel consistant à concevoir et fabriquer au meilleur prix les véhicules les plus sûrs, les plus économes et les plus attractifs en terme de design, de nouveaux modes d'acquisition et de consommation sont en train d'exploser.

Des champs d'expertise très différents du passé s'imposent ainsi rapidement avec l'apparition de voitures de plus en plus connectées, dont le stade ultime sera le véhicule autonome sans chauffeur, ou encore le boom des applications mobiles de géolocalisation, type covoiturage ou Uber, où l'innovation se trouve davantage dans l'utilisation du produit que dans le produit lui-même.

"Environ 75% des DG sont nommés en interne, et (environ 60% d'entre eux) ont fait l'intégralité de leur carrière professionnelle dans l'industrie automobile", poursuit Russell Reynolds, "Ils ont besoin de coopérer avec des partenaires étrangers au secteur."

Les constructeurs premium allemands, notamment, ont déjà entrepris d'accélérer les recrutements dans les nouvelles technologies. Russell Reynolds compare la révolution logicielle qui s'amorce dans l'automobile à celle que connaît l'industrie de la musique depuis plusieurs années, avec la dématérialisation quasi-totale des supports. (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)