LEAD 2-France-Monsanto condamné en appel pour la toxicité d'un herbicide

jeudi 10 septembre 2015 15h42
 

(Actualisé avec avocat Monsanto)

LYON, 10 septembre (Reuters) - Le groupe Monsanto, géant américain des pesticides, a été condamné jeudi en appel à Lyon pour l'intoxication d'un agriculteur français avec un herbicide pour le maïs, le Lasso.

Le groupe avait été reconnu "responsable" en première instance en 2012 de l'intoxication de Paul François en 2004 et condamné à "indemniser entièrement" le céréalier charentais, partiellement handicapé.

Paul François a subi de graves troubles neurologiques. Il se bat pour faire reconnaître en France la toxicité de ces produits.

"Il y a d'autres affaires en cours contre Monsanto", a déclaré l'avocat de l'agriculteur, Vincent de Fourcroy. "Ce jugement est un espoir pour tous les agriculteurs."

Jean-Daniel Bretzner, avocat de Monsanto, a déclaré à Reuters que l'entreprise allait se pourvoir en cassation contre un arrêt selon lui "pas convaincant" et comportant des "erreurs".

Il estime que la question de savoir si un préjudice peut être invoqué par le céréalier n'a pas encore été plaidée.

Le Lasso est interdit de vente en France depuis 2007. Son retrait du marché était intervenu précédemment dans plusieurs pays, comme le Canada, la Belgique ou la Grande-Bretagne.

Le 27 avril 2004, Paul François, qui exploite 400 hectares de cultures de céréales en Charente, cherchait à vérifier le contenu de sa cuve d'épandage lorsqu'il a inhalé les émanations d'herbicide qui s'en échappaient.

Le céréalier avait souffert de malaises, de vertiges, de bégaiements et de divers troubles pendant plusieurs mois avant qu'on identifie la présence de chlorobenzène, un produit inscrit au tableau des maladies professionnelles, dans ses urines et ses cheveux, signe de son intoxication au Lasso.

L'agriculteur a décidé d'attaquer Monsanto à qui il reproche un défaut d'information, la présence de chlorobenzène n'étant pas mentionnée sur l'étiquette. Il reproche en outre la diffusion par l'entreprise d'un produit qu'elle savait dangereux. (Catherine Lagrange, avec Gérard Bon et Sybille de la Hamaide, édité par Yves Clarisse)