E.ON renonce à son projet sur le nucléaire, le titre plonge

jeudi 10 septembre 2015 10h06
 

FRANCFORT, 10 septembre (Reuters) - Le géant allemand des services aux collectivités E.ON a renoncé à son projet de transfert de ses centrales nucléaires dans une nouvelle entité face aux pressions politiques visant à obliger les électriciens allemands à assumer le coût du démantèlement de leurs installations, estimé globalement à près de 40 milliards d'euros.

L'action recule de 4,72% à 9,21 euros vers 08h00 GMT à la Bourse de Francfort, soit la plus forte baisse de l'indice européen EuroStoxx 50, lui-même en recul de 0,49%.

Elle entraîne dans son sillage tout le secteur européen des "utilities", qui accuse la plus forte baisse sectorielle (-1,0%).

E.ON a annoncé en décembre dernier son intention de se scinder en deux pour se séparer de ses activités de production conventionnelle d'électricité et se recentrer sur les énergies renouvelables et les réseaux de distribution, une mutation spectaculaire face à la crise du secteur en Europe et en prévision de l'abandon du nucléaire en Allemagne.

L'électricien prévoyait de transférer vers une nouvelle filiale censée naître au deuxième semestre 2016, Uniper, les 16,6 milliards d'euros de provisions passées au titre du démantèlement de ses centrales nucléaires.

Il juge désormais que ce projet n'a plus de sens avec les changements législatifs en préparation.

"Cette décision nous préserve contre les risques pesant sur la mise en oeuvre de notre stratégie", affirme le président du directoire d'E.ON, Johannes Teyssen, dans un communiqué.

"Nous ne pouvons pas attendre et nous n'attendrons pas d'éventuelles décisions politiques susceptibles de retarder la scission d'Uniper."

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