S&P rétrograde la dette du Brésil en catégorie spéculative

jeudi 10 septembre 2015 03h53
 

(Actualisé avec la réaction du gouvernement)

RIO DE JANEIRO, 9 septembre (Reuters) - Standard & Poor's a annoncé mercredi avoir abaissé la note souveraine du Brésil, excluant ainsi ce dernier de la catégorie des émetteurs les plus sûrs, une décision qui pourrait affaiblir encore la position de la présidente Dilma Rousseff.

S&P a ramené la note brésilienne de BBB- à BB+, l'échelon le plus élevé de la catégorie des dettes jugées spéculatives ("junk").

L'abaissement de la note est susceptible de créer des remous sur les marchés financiers brésiliens et se traduira par une hausse du coût de l'emprunt pour le gouvernement et les entreprises du pays.

Une telle dégradation était attendue par de nombreux observateurs au vu de la dégradation rapide de l'économie brésilienne, désormais en récession, et des finances publiques, mais la plupart d'entre eux ne pensaient pas qu'elle serait aussi rapide.

Elle constitue un important revers pour Dilma Rousseff et son ministre des Finances, Joaquim Levy, qui s'efforcent actuellement de regagner la confiance des marchés financiers.

La perspective de la nouvelle note de S&P reste négative, ce qui implique que l'agence envisage une nouvelle dégradation à brève échéance.

Le ministre de la Planification, Nelson Barbosa, a déclaré que le gouvernement allait continuer à honorer ses engagements financiers après la dégradation de S&P tout en poursuivant ses efforts visant à obtenir la coopération du Congrès pour mettre en oeuvre des mesures de réforme.

La décision de Standard & Poor's a cependant pris de court l'équipe économique de Dilma Rousseff.

"Nous n'avions pas anticipé que ce déclassement interviendrait aujourd'hui", a dit une personne du ministère des Finances sous couvert d'anonymat.

Les notes des deux autres principales agences de notation, Moody's et Fitch, restent à ce stade dans la catégorie investissement. (Walter Brandimarte; Marc Angrand pour le service français)