Deuxième jour de grève à la Lufthansa, 1.000 vols annulés

mercredi 9 septembre 2015 10h04
 

FRANCFORT, 9 septembre (Reuters) - Les pilotes de Lufthansa entamaient mercredi leur deuxième journée de grève, un mouvement social qui affecte 140.000 passagers et qui se traduit par l'annulation d'un millier de vols.

"Si la Lufthansa ne fait pas d'autres propositions, nous appellerons à nouveau à la grève", a déclaré mercredi à Reuters Markus Wahl, porte-parole du syndicat Vereinigung Cockpit (VC).

Il a ajouté que les grèves pourraient être déclenchées à tout moment, moyennant un préavis de 24 heures.

Engagée depuis des mois dans un bras de fer avec le syndicat VC sur les salaires, les retraites et les réductions de coûts, la direction de Lufthansa a tenté mardi une contre-attaque en annonçant qu'elle déposait un recours en justice contre la grève et qu'elle n'embaucherait plus de pilotes dans le cadre des accords collectifs en vigueur.

La première partie de son pari a été perdue avec la décision d'un tribunal de Francfort autorisant les pilotes à poursuivre leur mouvement, dont la direction contestait la légalité au motif qu'un accord sur les salaires est en vigueur au sein de la compagnie.

Cette grève a entraîné mardi l'annulation de 84 des quelque 170 vols long-courrier qui étaient prévus au départ des aéroports de Francfort, Munich et Dusseldorf.

Depuis le début de l'année, les grèves ont coûté une centaine de millions d'euros à la compagnie, engagée dans une politique de réduction des coûts pour faire face à la concurrence des compagnies low cost comme Ryanair qui ciblent l'Allemagne.

Vereinigung Cockpit, qui représente environ 5.000 pilotes de la Lufthansa et de sa filiale Germanwings, veut que la compagnie aérienne arrête de développer la filiale low cost Eurowings, qui opère sous licence autrichienne, tandis que les négociations se poursuivent.

La fédération patronale allemande BDA a déclaré que cette grève était préjudiciable à l'ensemble de l'économie allemande et ajouté que les revendications des pilotes étaient contestables d'un point de vue légal.

"La question de l'affectation des avions, des transporteurs et des filiales à telle ou telle ligne relève de la liberté des décisions d'entreprise et ne doit pas être remise en cause par des mouvements sociaux", dit Ingo Kramer, président de la BDA, dans un journal régional allemand. (Victoria Bryan, Peter Maushagen, Georg Merzinger, Wilfrid Exbrayat pour le service français)