Avastin-L'industrie pharmaceutique dépose une plainte auprès de l'UE

mardi 1 septembre 2015 23h34
 

1er septembre (Reuters) - L'industrie pharmaceutique européenne a annoncé mardi avoir déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre la décision du gouvernement français d'encourager l'utilisation de de l'Avastin, un anticancéreux fabriqué par Roche, en tant que traitement bon marché d'une maladie des yeux.

Cette annonce s'inscrit dans le cadre d'un conflit de longue date entre les laboratoires, qui soulignent que l'Avastin n'a jamais été autorisé comme traitement ophtalmologique, et les administrations européennes soucieuses de limiter les dépenses de santé, qui notent que ce médicament est aussi efficace que certains traitements nettement plus onéreux.

"Il n'est tout simplement pas acceptable que les dirigeants politiques préoccupés par le niveau des dépenses de santé passent des lois qui, non seulement contredisent la législation de l'Union européenne (UE), mais aussi mettent en péril l'ensemble du système de régulation de l'UE visant à garantir aux patients les normes de sécurité les plus élevées", a déclaré le directeur général de l'EFPIA, Richard Bergstrom.

"L'industrie pharmaceutique appelle collectivement la Commission européenne à régler d'urgence cette question de santé publique et à préserver les garanties qui ont été mises en place."

Malgré la contestation de Roche, l'Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) a délivré en juin une autorisation spécifique au produit pour le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) dans un cadre hospitalier, à partir du 1er septembre.

La DMLA est actuellement traitée avec des médicaments beaucoup plus chers comme le Lucentis, commericalisé par Novartis et Roche, et l'Eylea de Bayer et Regeneron.

Les autorités françaises ont souligné que l'Avastin, qui coûte environ 30 fois moins cher que les autres traitements, permettrait de réaliser environ 200 millions d'euros d'économies.

L'Italie a également pris des mesures pour encourager l'utilisation de l'Avastin pour le traitement de l'AMD. (Ben Hirschler, Juliette Rouillon pour le service français)