USA-Rosengren attend une hausse progressive des taux de la Fed

mardi 1 septembre 2015 21h12
 

NEW YORK, 1er septembre (Reuters) - La Réserve fédérale américaine ne va probablement relever ses taux que progressivement, indépendamment de la date -- à quelques mois près -- à laquelle elle engagera le processus, a déclaré mardi un responsable de la banque centrale américaine.

Le président de la Fed de Boston Eric Rosengren, connu pour sa position en faveur d'une politique accommodante, a dit qu'un cycle plus modéré de resserrement monétaire était plus adapté qu'auparavant, en raison de la faiblesse de l'inflation et du rythme modéré de la croissance de l'économie américaine.

Évitant de répondre à la question de savoir s'il souhaite un relèvement de taux dès la réunion des 16 et 17 septembre, le président de la Fed de Boston, qui n'aura pas de droit de vote au comité de politique monétaire de la Fed avant l'an prochain, a estimé que les signes de faiblesse de l'économie américaine pourraient avoir un impact et remettaient en cause l'hypothèse selon laquelle le marché de l'emploi continue à s'améliorer.

"Il y a de très bonnes raisons d'attendre un processus de normalisation (de la politique monétaire) beaucoup plus progressif que lors des précédents cycles de resserrement", a-t-il dit, ajoutant que "ce processus de resserrement plus modéré est à la fois nécessaire et approprié."

La forte volatilité des marchés financiers, qui s'est réveillée mardi, dans la crainte d'un atterrissage brutal de l'économie chinoise, sème le doute sur le calendrier possible du resserrement de la Fed.

Devant le Forecasters Club de New York, Eric Rosengren est revenu sur les deux derniers cycles de relèvement des taux qui ont commencé en 1994 et 2004 et a conclu que, cette fois-ci, la hausse des taux directeurs de la Fed pourrait être plus limitée.

Les récentes preuves de "ralentissement des économies étrangères (...), la volatilité des cours des actions et la chute des prix des matières premières" pourraient avoir un impact sur l'économie au point que le taux de chômage, à 5,3% actuellement, pourrait ne pas continuer à baisser et à entraîner une augmentation des salaires comme prévu, a-t-il dit.

Il a ajouté qu'une inflation inférieure à l'objectif était une raison de maintenir des taux "relativement bas", ajoutant que l'inflation pourrait être freinée par le ralentissement des économies chinoise, japonaise et de la zone euro. Ces risques, avec la baisse des prix du pétrole, pourraient maintenir l'inflation sous l'objectif de 2% de la Fed, a-t-il dit. (Jonathan Spicer, Juliette Rouillon pour le service français)