France-Valls appelle les socialistes à "accepter les différences"

dimanche 30 août 2015 13h26
 

LA ROCHELLE, Charente-Maritime, 30 août (Reuters) - Manuel Valls, qui a été malmené, comme Emmanuel Macron, par de jeunes militants socialistes, a appelé dimanche le Parti socialiste à "accepter les différences" et à éviter la "fragmentation" avant les élections régionales de décembre.

Lors d'un banquet de militants samedi soir à La Rochelle, où se tient l'université d'été du PS, Manuel Valls a été hué par des membres du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) ainsi que le ministre de l'Economie, qui a critiqué les 35 heures, mesure socialiste, devant le patronat. ( )

"Macron démission, Taubira à Matignon!", a-t-on ainsi entendu.

"A droite, dans des congrès de supporters, on siffle les dirigeants, à gauche, parce que ce sont des militants, on se respecte, on débat, on ne siffle jamais", a lancé le Premier ministre en clôture de l'université d'été, sous des applaudissements nourris.

Lors du congrès fondateur des Républicains, en mai dernier, Alain Juppé et François Fillon, rivaux de Nicolas Sarkozy pour l'investiture à la présidentielle de 2017, avaient été sifflés par des partisans de l'ancien chef de l'Etat.

"Nicolas Sarkozy n'est pas revenu au gouvernement de la France, c'est François Hollande le président de la République, c'est Manuel Valls le Premier ministre", a souligné le chef du gouvernement.

"Le débat doit être toujours présent, l'interpellation entre nous, vis-à-vis du gouvernement, des ministres, cette interpellation, elle est naturelle, elle est salutaire. Mais j'insiste, montrons notre capacité à accepter les différences, montrons notre force et notre unité", a-t-il dit.

"Jamais on ne siffle, on n'applaudit ou on n'applaudit pas. Mais on ne siffle jamais".

"Pourquoi? a-t-il poursuivi, pas uniquement par respect vis-à-vis de nous, de nos sympathisants, de nos électeurs, mais parce que dans cette fragmentation (...) de la vie politique des partis, dans ce rejet même des partis politiques, parce que nous gouvernons, (..) nous avons le devoir d'être exemplaires".

"Si nous ne nous respectons pas, comment pouvez-vous penser un seul instant que nos compatriotes croient que nous les respectons?", a-t-il lancé.

Alors que quelques sifflets ont retenti à l'évocation de l'ouvrage de Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen sur la refonte du marché du travail, Manuel Valls s'est insurgé : "Quelques militants perdus qui sifflent Robert Badinter dans cette salle, ça m'étonne toujours quand même un peu". (Sophie Louet avec Ingrid Melander)