August 28, 2015 / 11:26 AM / 2 years ago

LEAD 2-Valls tente d'éteindre la polémique Macron sur les 35 heures

5 MINUTES DE LECTURE

* Valls recadre le ministre de l'Economie

* Cambadélis parle de "provocation"

* Un député LR propose l'"asile politique" à Macron (Actualisé avec citations, détails)

LA ROCHELLE, Charente-Maritime, 28 août (Reuters) - Emmanuel Macron a semé la zizanie au sein d'une majorité déjà méfiante à son égard en critiquant les 35 heures devant le patronat, conduisant Manuel Valls a répéter vendredi que cette mesure socialiste emblématique ne serait pas remise en cause.

Tenus à la veille de l'université d'été du PS qui s'est ouverte vendredi à La Rochelle (Charente-Maritime), les propos du ministre de l'Economie, "bête noire" de l'aile gauche du parti majoritaire, ont relancé le débat récurrent sur cette mesure controversée du gouvernement de Lionel Jospin.

De la "provocation", a même estimé le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, tandis que le député des Républicains Gérald Darmanin proposait d'accorder "l'asile politique" à Emmanuel Macron.

En déplacement en Champagne, Manuel Valls a recadré son ministre de l'Economie.

"Les Français n'ont rien à faire avec les polémiques qui tirent vers le passé", a-t-il déclaré à la presse.

"Il n'y aura pas de remise en cause de la durée légale du temps de travail et des 35 heures", a dit le Premier ministre à des journalistes, en soulignant que les entreprises pouvaient déjà négocier des assouplissements.

Lors la campagne de la primaire socialiste en 2011, pour laquelle il était candidat, Manuel Valls avait proposé de "déverrouiller les 35 heures", ce que ses détracteurs de droite comme de gauche lui rappellent régulièrement.

"La Gauche N'est Pas Exempte De Critiques"

Jeudi, Emmanuel Macron avait tenté devant l'université d'été du Medef de convaincre les chefs d'entreprise que le gouvernement avait déjà répondu à leurs demandes et que la gauche au pouvoir avait changé.

Devant une assemblée très critique envers l'action du gouvernement, il avait évoqué les erreurs commises depuis des dizaines d'années par les responsables politiques et les chefs d'entreprise français.

"La gauche n'est pas exempte de critiques", avait-il dit, avant de faire une allusion à la réduction du temps de travail, une réforme conspuée tous les ans à l'université d'été du Medef, sur laquelle ni le chef de l'Etat ni le Premier ministre ne souhaitent revenir.

La gauche, "elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises ou au moins sans elles, qu'il suffisait de décréter et de légiférer pour que les choses changent, qu'il n'était pas nécessaire de connaître le monde de l'entreprise pour prétendre le régenter, que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C'était une fausse idée", avait déclaré Emmanuel Macron.

Cette critique, émise à plusieurs reprises dans le passé par cet ancien homme du privé, a sonné comme une provocation aux oreilles des soutiens de la maire de Lille, Martine Aubry, qui avait mis en oeuvre les 35 heures quand elle était ministre.

"Cette phrase est une fausse bonne idée", a déclaré vendredi le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, sur France Info.

A La Rochelle, Jean-Christophe Cambadélis a invité les socialistes à ne pas "tomber dans tous les pièges, provocations, surtout qu'ils sont parfois à répétition."

Le patron des socialistes a fait savoir qu'il rencontrerait Emmanuel Macron en début de semaine prochaine pour "une amicale, franche et déterminante explication".

Emmanuel Macron, qui a n'a pas sa carte du PS, a dit ne pas avoir été invité dans le port charentais, ce que Jean-Christophe Cambadélis a démenti.

Devant cette pluie de critiques à gauche, le député LR Gérald Darmanin a proposé d'offrir "l'asile politique" au ministre de l'Economie.

Emmanuel Macron "a compris ce qu'était le problème du pays (...) et il veut libéraliser l'économie : on ne peut qu'être d'accord avec ça", a déclaré iTELE l'ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy dans sa campagne pour la présidence des Républicains. (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, avec Ingrid Melander à La Rochelle, édité par Yves Clarisse)

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