Tensions autour d'un centre d'accueil de réfugiés en Allemagne

lundi 24 août 2015 06h34
 

BERLIN, 24 août (Reuters) - De nouveaux incidents se sont produits dimanche soir à Heidenau, dans l'est de l'Allemagne, où des militants d'extrême droite manifestent violemment depuis plusieurs jours leur opposition à l'implantation d'un centre d'accueil de réfugiés.

Le vice-chancelier et ministre de l'Economie Sigmar Gabriel est attendu lundi dans cette ville proche de Dresde, dans le Land de Saxe, en ex-Allemagne de l'Est.

La situation a dégénéré vendredi soir, quand 31 policiers ont été blessés lors de heurts avec des manifestants qui protestaient contre l'arrivée de demandeurs d'asile. (voir )

Tout au long du week-end, la tension est restée vive entre manifestants et contre-manifestants. Un photographe de Reuters présent à Heidenau a entendu des "Heil Hitler" proférés par certains manifestants qui réclament l'expulsion des réfugiés installés dans un ancien magasin.

Les forces de l'ordre y ont établi un périmètre de sécurité mais ont dû faire usage de gaz lacrymogène alors que des accrochages opposaient de nouveau manifestants et contre-manifestants.

Le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a condamné ces attaques visant des réfugiés. "Dans le même temps où nous voyons une vague de gens qui souhaitent aider (des réfugiés), nous voyons aussi une vague de haine, d'insultes et de violences visant des demandeurs d'asile", a-t-il dit au quotidien Bild am Sonntag. "C'est obscène et indigne de notre pays", a-t-il ajouté, promettant que les auteurs de ces actes tomberaient sous le coup de la loi.

Son collègue de la Justice, Heiko Maas, a rappelé qu'il n'y avait aucune tolérance en Allemagne pour le racisme et la xénophobie.

Tandis que les guerres en Syrie et en Irak ou le conflit en Afghanistan jettent des milliers de personnes sur les routes de la migration tenues par des réseaux de passeurs, l'Allemagne, où le régime du droit d'asile est relativement libéral, s'attend cette année à ce que le nombre de réfugiés et de demandeurs d'asile et de réfugiés atteigne le niveau record de 800.000 personnes, quatre fois plus qu'en 2014. (voir )

Pour Angela Merkel, la question des migrations va davantage occuper l'Union européenne que la crise économique ou la Grèce. Elle doit aborder le dossier ce lundi soir à Berlin avec le président français François Hollande. (voir )

En déplacement dimanche à Prague, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a précisé que la chancelière et le président français aborderaient notamment la question d'une répartition des migrants entre les pays membres de l'Union européenne.

Les Vingt-Huit ont rejeté en juin une proposition du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker établissant des quotas obligatoires pour l'accueil de dizaines de milliers de migrants qui ont trouvé refuge en Italie et en Grèce. (Madeline Chambers avec Axel Schmidt; Henri-Pierre André pour le service français)