August 24, 2015 / 8:30 PM / 2 years ago

LEAD 2-Wall Street perd plus de 3,5%, la correction est bien là

6 MINUTES DE LECTURE

* Le Dow a perdu 3,57%, le S&P-500 3,94%, le Nasdaq 3,82%

* Le Dow a cédé jusqu'à plus de 1.000 points en début de séance

* Les commentaires d'Apple sur la Chine ont en partie rassuré

* S&P et Nasdaq désormais plus de 10% en dessous de leur plus haut (Actualisé avec précisions, pétrole, dollar et Treasuries)

par Noel Randewich et Chuck Mikolajczak

NEW YORK, 24 août (Reuters) - Les marchés boursiers américains ont perdu plus de 3% lundi, leur cinquième séance consécutive de baisse, au terme d'une séance particulièrement volatile, la chute des Bourses chinoises attisant les craintes des investisseurs du monde entier.

Wall Street a néanmoins effacé la majeure partie de ses pertes du début de séance, grâce principalement à un rebond spectaculaire d'Apple.

L'indice Dow Jones a brièvement perdu jusqu'à 1.000 points - du jamais vu - en tout début de séance, soit près de 6,7%.

En clôture, il affichait un recul de 588,40 points, soit 3,57%, à 15.871,35, des achats à bon compte ayant limité le repli au terme d'une séance très agitée.

Le Standard & Poor's-500 a quant à lui cédé 77,68 points (-3,94%) à 1.893,21 et le Nasdaq Composite a reculé de 179,79 points (-3,82%) à 4.526,25.

Le S&P-500 et le Nasdaq accusent désormais l'un comme l'autre un repli de plus de 10% par rapport à leur plus haut de l'année écoulée, un écart qui définit une "correction" en jargon boursier. Le Dow avait atteint ce seuil de 10% dès vendredi.

Certains investisseurs ont vendu en fin de séance après avoir tenté des achats à bon compte our tenter de profiter de la volatilité extrême de l'ouverture.

"Si la situation en Chine ne se calme pas, la séance de demain pourrait de nouveau être terrible et on ne veut pas se retrouver piégé par des positions prises ce matin", a expliqué Randy Frederick, directeur du trading et des dérivés chez Charles Schwab.

Avant lundi, jamais le Dow Jones n'avait affiché un recul de plus de 800 points. Sa chute initiale est intervenue après celle de 8,5% des marchés chinois.

En Europe, les principales places boursières ont perdu entre 3,75% et 5,5%.

pétrole Et Dollar Eux Aussi en Forte Baisse

Les contrats à termes ("futures") sur le Dow, le S&P-500 et le Nasdaq ont été brièvement suspendus avant l'ouverture des marchés après avoir déclenché un "coupe-circuit", une mesure censée réduire la volatilité.

L'indice de volatilité du CBOE, surnommé "l'indice de la peur" a affiché un bond de plus de 90% à 53,29, au plus haut depuis janvier 2009, en pleine crise financière mondiale. Mais en fin de séance, sa hausse était revenue à 45,3%, à 40,74.

Le titre Apple a quant à lui perdu jusqu'à 13% avant de rebondir grâce aux déclarations du directeur général du groupe, Tim Cook, sur les performances commerciales en Chine.

L'action Apple a fini en baisse de 2,5% à 103,12 dollars après un plus bas à 92 dollars. Elle avait culminé à 134,54 dollars fin avril.

Les dix grands secteurs du S&P-500 ont tous fini dans le rouge, la baisse atteignant 5,18% pour celui de l'énergie . Exxon Mobil et Chevron ont perdu 4,73% et 4,81% respectivement. Sur le Nymex, le brut léger américain a encore abandonné 5,5% sur la journée, tombant à 38,24 dollars le baril, au plus bas depuis février 2009.

Sur le marché des changes, le dollar a cédé près de 1,7% face à un panier d'autres grandes devises de référence et l'euro est remonté au-dessus de 1,17 dollar pour la première fois depuis mi-janvier.

Ces turbulences ont logiquement favorisé les emprunts d'Etat et le rendement des Treasuries à 10 ans a touché un point bas de quatre mois à 1,905%. En fin de séance, il s'inscrivait à 2,005% .

La Hausse De Taux De La Fed De Plus en Plus Incertaine

Le mouvement de panique subi par les marchés américains, comme en Europe et en Asie, est dû à l'absence de nouvelles mesures de soutien à l'économie et aux marchés financiers en Chine, malgré la baisse ininterrompue des Bourses de Shanghaï et Shenzhen.

La crainte d'un atterrissage brutal de l'économie chinoise, qui aurait sans nul doute des répercussions mondiales, pèse aussi sur les matières premières, du pétrole à l'aluminium en passant par le cuivre, tous au plus bas depuis 2009.

"L'émotion a pris le dessus chez les investisseurs", estime Philip Blancato, directeur général de Ladenberg Thalmann Asset Management. "L'idée selon laquelle l'économie chinoise peut entraîner l'économie américaine dans la récession est ridicule, alors qu'elle fait deux fois la taille de l'économie chinoise et qu'elle repose sur la consommation."

Effet collatéral de la chute des marchés boursiers mondiaux: la probabilité estimée par les traders d'une hausse des taux de la Réserve fédérale le mois prochain n'est plus que de 24%; contre 30% vendredi 46% une semaine auparavant, selon les données de Tullett Prebon.

Aux valeurs, Alibaba a perdu 3,49% à 65,80 dollars, sous son cours d'introduction de septembre dernier (68 dollars). Le géant chinois du commerce électronique est la deuxième grande valeur high-tech à repasser ainsi en dessous son prix de mise sur le marché en quelques jours, après Twitter jeudi dernier. Le titre Twitter a encore abandonné 2,71% lundi.

Les volumes ont été très importants avec environ 13,9 milliards d'actions échangés sur l'ensemble des marchés américains contre 7,0 milliards en moyenne depuis le début du mois selon les données de BATS Global Markets.

Marc Angrand pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below