Wall Street une nouvelle fois suspendue à la Réserve fédérale

dimanche 16 août 2015 18h26
 

par Rodrigo Campos

NEW YORK, 16 août (Reuters) - Les investisseurs devraient continuer de scruter le moindre indice permettant de confirmer l'hypothèse d'un premier relèvement des taux d'intérêt de la Réserve fédérale depuis 2006 le mois prochain, même si la récente dévaluation du yuan chinois et la rechute du pétrole peuvent encore changer la donne.

L'écart des performances entre les valeurs bancaires, qui ont fait mieux que Wall Street dans son ensemble, et celles liées aux services collectifs, qui s'explique par la perspective de rendements du Trésor plus élevés, plaide en faveur du pari des intervenants de marché d'un premier tour de vis monétaire en septembre.

Cet écart entre les deux secteurs avait atteint un pic depuis mai 2008 juste après la dernière réunion de la Réserve fédérale en juillet. Mais cette semaine, après la dévaluation de près de 3% du yuan et du plus bas de six ans et demi du cours du brut léger américain, l'écart est revenu à son niveau le plus resserré en un mois.

Les responsables de la stratégie chez Bank of America/Merrill Lynch ont dit dans une note transmise la semaine dernière aux clients de la banque que la décision de la banque centrale chinoise pourrait être le premier pas d'une dévaluation de près de 10% du yuan chinois face au dollar au cours de l'année qui vient.

Une telle évolution pourrait se traduire par une baisse de 5% des cours du Brent, la Chine étant le premier importateur de matières premières.

"Ce qui est probable, c'est qu'il y aura encore de la volatilité, en partie en raison des cours du pétrole et des craintes que, d'une certaine manière, ces cours sont le reflet de l'inflation et de la déflation", a déclaré son côté Quincy Krosby, chargé de la stratégie chez Prudential Financial.

"Plus les cours du pétrole, plus c'est un baromètre de la déflation. Plus il baisse, plus il est difficile pour la Fed de relever ses taux."

Même si plusieurs responsables de la Fed ont dit que le bas niveau de l'inflation devrait être temporaire, la banque centrale américaine a estimé, lors de dernière déclaration le 29 juillet, que le repli des prix de l'énergie exerçaient une pression à la baisse sur les prix à la consommation.   Suite...