Pour le FMI, la Chine se rapproche d'un taux de change flottant

samedi 15 août 2015 07h25
 

WASHINGTON, 15 août (Reuters) - L'évolution récente de la politique de change de la Chine devrait conduire la République populaire "très près" d'un régime de change flottant, a estimé vendredi un haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport sur l'économie chinoise.

Le nouveau système mis en place par Pékin devrait en théorie permettre à la valeur du yuan de varier de jusqu'à 10% par semaine et d'atteindre un niveau susceptible d'être fixé par les marchés, a dit Markus Rodlauer, le chef de mission du FMI pour la Chine.

Les autorités chinoises devraient rester actives sur le marché des changes, a-t-il ajouté, mais "cela pose les bases d'une flexibilité accrue".

"Nous ne nous attendons pas à un régime de change flottant dès demain. Nous nous attendons au maintien d'un régime administré. Mais nous espérons que cela va progressivement conduire à une flexibilité accrue et au flottement d'ici deux ou trois ans", a-t-il dit.

Même en prenant en compte la baisse de la valeur du yuan qui a suivi l'entrée en vigueur du nouveau système, le FMI estime que la monnaie chinoise n'est plus sous-évaluée, a poursuivi Markus Rodlauer, un jugement important car la question de la valeur relative du yuan est un facteur clé des relations en la Chine et les Etats-Unis.

Les déclarations de Markus Rodlauer accompagnent le rapport annuel du FMI sur l'économie chinoise, une revue achevée avant l'annonce de la mise en place de la nouvelle politique de change mardi.

Dans son rapport, le FMI estime que la Chine devrait laisser son économie continuer de ralentir au cours de l'année à venir, et se préparer à un ralentissement de sa croissance à moyen terme.

Pour le Fonds, les autorités de Pékin doivent "calibrer" leurs politiques, notamment leur politique budgétaire, dans la perspective d'une croissance de 6% par an l'année prochaine, contre 6,8% attendu pour cette années, des chiffres à comparer à un rythme de plus de 10% par an avant la crise financière de 2007.

"La Chine est en train d'évoluer vers une nouvelle norme, avec une croissance certes plus lente mais aussi plus saine et plus durable", explique le FMI dans son rapport.

Celui-ci note entre autres que la République populaire est parvenue à freiner la croissance du crédit en imposant une réglementation plus stricte aux canaux de financement non bancaires (le "shadow banking"), à surmonter une correction boursière et qu'elle évolue progressivement vers une part plus importante de la consommation dans la croissance.

(Howard Schneider, Marc Angrand pour le service français)