Chute du yuan-Les touristes chinois pensent avant de dépenser

mardi 11 août 2015 19h57
 

par Andrew Callus et Wiki Su

PARIS, 11 août (Reuters) - Les touristes chinois qui visitent chaque année les grandes villes du monde craignent de devoir réduire leurs emplettes si la soudaine dévaluation du yuan de mardi entraîne une brusque chute de leur pouvoir d'achat.

Plus de 100 millions de Chinois voyagent à l'étranger chaque année et ils achètent plus de produits de luxe qu'aucune autre nationalité. Pouvoir s'offrir des parfums et des vêtements de haute-couture, pour des prix parfois deux fois plus bas qu'en Chine, est une incitation très forte à voyager pour eux.

"J'avais prévu d'aller à Séoul en août avec des amis puis de en Thaïlande seule en octobre. Mais le yuan a été fortement dévalué aujourd'hui et j'ai peur qu'il ne le soit encore plus", estime Xuechang Huang, une femme de ménage de 48 ans de Guangzhou (Canton), contactée par Reuters via l'application Wechat.

"Alors je pense que je ne vais pas aller à Séoul pour faire du shopping, mais seulement en Thaïlande pour visiter le pays", a-t-elle ajouté.

Même décision pour Huang Ruifen, propriétaire d'une boutique de Guangxi, actuellement à Hong-Kong pour faire des achats. "Je vais arrêter d'acheter des produits de luxe tant que le yuan ne sera pas remonté", déclare-t-elle.

La Chine a dévalué sa monnaie de près de 2% mardi, après la publication d'indicateurs économiques jugés décevants. Certains économistes estiment qu'il ne pourrait s'agir que d'une première étape.

Bien que restreinte, il s'agit de la plus forte baisse depuis la dévaluation massive de 1994, et elle semble aller à l'encontre de la politique du yuan fort prônée jusqu'ici.

Les investisseurs ont rapidement parié que des groupes comme LVMH, propriétaire de Louis Vuitton, Kering, propriétaire de Gucci, ou encore L'Oréal pourraient souffrir. Les actions de ces groupes faisaient partie des plus fortes baisses de la Bourse de Paris ce mardi, marquant des chutes entre 2,4 et 5,4%. Contactées, ces sociétés n'ont pas souhaité faire de commentaire.   Suite...