France-Cuvillier pour une écotaxe en Nord-Pas-de-Calais-Picardie

lundi 10 août 2015 09h28
 

PARIS, 10 août (Reuters) - L'ancien ministre des Transports Frédéric Cuvillier souhaite la création d'une écotaxe au niveau de la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie et propose pour cela qu'elle se greffe sur le futur système de péage pour les poids lourds que la Belgique voisine devrait mettre en oeuvre l'an prochain.

Dans une interview publiée lundi par les Echos, le maire de Boulogne rappelle qu'il a plaidé l'an dernier, au moment où le gouvernement a enterré le projet de taxe poids lourds nationale face au mouvement des "bonnets rouges" bretons, pour que le principe de l'écotaxe renaisse dans les régions.

"Ce sujet est particulièrement pertinent dans notre territoire qui subit un fort transit de camions du fait de la proximité de l'Angleterre et de la Belgique", déclare Frédéric Cuvillier, en soulignant que de 10 à 15% du transport routier de marchandises en France transite par la future grande région.

"Nous devons bénéficier de ces circulations internationales et non pas subir uniquement la pollution qui en résulte", ajoute-t-il, "je souhaite que nous soyons pionnier dans la mise en oeuvre d'un tel dispositif."

D'autres idées d'écotaxes régionales ont vu le jour récemment, notamment dans un rapport parlementaire qui a proposé de faire contribuer le transport routier de marchandises dans les Alpes au financement de la future liaison ferroviaire Lyon-Turin

De leur côté, des élus d'Ile-de-France ont réclamé un moratoire sur le démantèlement des portiques mis en place pour l'écotaxe nationale afin de mettre en place un tel dispositif au niveau de la région.

"Je pense que c'est une bonne idée, non seulement pour la région Ile-de-France mais également pour d'autres régions", a déclaré la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, en citant notamment l'Alsace et la Lorraine, qui pourraient être intéressées.

Frédéric Cuvillier souhaite également un moratoire sur le démantèlement des portiques mis en place par la société Ecomouv', aujourd'hui dissoute, et réclament l'aide des services de l'Etat pour étudier leur compatibilité avec la technologie adoptée par la Belgique.

Pour lui, l'extension du futur système belge à des régions françaises frontalières "pourrait constituer le premier pas vers la création d'une taxe de transit européenne". (Yann Le Guernigou, édité par Pierre Sérisier)