L'Indonésie exhorte la Fed à se dépêcher de relever ses taux

dimanche 9 août 2015 14h48
 

DJAKARTA, 9 août (Reuters) - L'Indonésie souhaite que la Réserve fédérale américaine ne tarde plus à relever ses taux d'intérêt afin d'en finir avec la période actuelle d'incertitude qui pèse sur la roupie, a déclaré le ministre de l'Economie Sofyan Djalil.

La devise indonésienne a perdu plus de 8% de sa valeur face au dollar cette année, la deuxième plus mauvaise performance des monnaies de l'Asie émergente, dans la perspective d'un resserrement monétaire aux Etats-Unis.

Après la publication vendredi des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis laissant la porte ouverte à une hausse de taux dès septembre, la roupie est descendue jusqu'à 13.542 pour un dollar, nouveau plus bas depuis la crise financière asiatique de 1998.

"Je souhaite que la Fed se décide et le plus tôt sera le mieux pour l'Indonésie", a déclaré Sofyan Djalil à Reuters vendredi soir. "L'incertitude est un bon prétexte pour jouer sur le marché des changes."

La hausse de taux attendue aux Etats-Unis ne devrait guère avoir d'impact sur la roupie car le changement d'orientation est largement anticipé par les acteurs de marché, et la devise indonésienne est d'ailleurs sous-évaluée, a ajouté le ministre.

Du fait de son important déficit courant, l'Indonésie, première économie de l'Asie du Sud-Est, avait été l'un des pays les plus touchés par des sorties de capitaux après la décision de la Fed, en 2013, de commencer à limiter ses rachats d'actifs.

La roupie avait perdu plus de 20% face au dollar cette année-là, contribuant à la fragilité de l'économie.

Le déficit des comptes courants s'est depuis réduit et devrait représenter moins de 2,5% du produit intérieur brut cette année, un niveau considéré comme sain par la banque centrale.

La croissance économique a ralenti à 4,67% en Indonésie au deuxième trimestre, son niveau le plus faible depuis près de six ans, du fait notamment de la faiblesse des prix des matières premières qui a pesé sur les salaires et le pouvoir d'achat des ménages. Sofyan Djalil a dit toujours croire à un taux de croissance de 5,0-5,2% sur l'ensemble de l'année. (Gayatri Suroyo et John Chalmers, avec la contribution de Hidayat Setiaji, Véronique Tison pour le service français)