Vimpelcom et Hutchison fusionnent leurs activités en Italie

jeudi 6 août 2015 16h37
 

par Danilo Masoni et Leila Abboud

MILAN/PARIS, 6 août (Reuters) - L'opérateur russe Vimpelcom et le groupe de Hong Kong Hutchison ont annoncé jeudi la fusion de leurs filiales italiennes de téléphonie mobile dans le cadre d'une coentreprise détenue à parité, une transaction attendue de longue date dans le quatrième marché télécoms en Europe.

L'opération consiste à regrouper la filiale WIND Telecommunicazioni de Vimpelcom, troisième opérateur mobile d'Italie, avec 3 Italia, le quatrième, ramenant ainsi le marché italien de la téléphonie mobile à trois acteurs de taille sensiblement équivalente.

La nouvelle entreprise, dont les deux concurrents sont Telecom Italia et Vodafone, ont précisé que l'opération se traduirait par des économies de coûts de plus de cinq milliards d'euros, essentiellement tirées de la combinaison des deux réseaux mobiles.

Vers 14h35 GMT, le titre Telecom Italia perdait 0,8% à 1,234 euro, reculant un peu plus que l'indice regroupant les valeurs télécoms européennes (-0,60%). L'ADR coté à Wall Street de Vimpelcom cédait de son côté 1,71%.

Ni Vimpelcom ni Hutchison n'entendent injecter de l'argent frais dans la nouvelle entité, alors que certains avaient imaginé, avant l'annonce de l'opération, une augmentation de capital de deux milliards d'euros afin de contribuer au désendettement de l'entreprise.

Une personne proche du dossier a noté que la valorisation de la nouvelle société serait de l'ordre de 21,8 milliards d'euros, les actifs de Wind étant estimés à 13,9 milliards et ceux de 3 Italia à 7,9 milliards.

Le nouvel ensemble comptera plus de 31 millions clients mobiles et 2,8 millions de clients fixes pour un chiffre d'affaires de quelque 6,4 milliards d'euros. Il sera dirigé par Maximo Ibarra, l'actuel administrateur délégué de Wind.

Vimpelcom et Hutchison, qui avaient dit en mai négocier une coentreprise, espèrent finaliser la rapprochement de leurs filiales italiens d'ici 12 mois.

Dans la mesure où les régulateurs européens et locaux ont accepté des opérations de ce type en Irlande, en Allemagne et en Autriche, la procédure de consolidation en Italie devrait elle aussi se poursuivre sans accroc.

La fusion serait sans doute un plus pour le marché en général et pour l'ancien monopole Telecom Italia en particulier car l'accent serait mis dorénavant sur la modernisation des réseaux et non plus sur une guerre des prix pour gagner des parts de marché, estiment des professionnels et des analystes du secteur. (Benoit Van Overstraeten pour le service français)