Sans Ex-Im, GE dit devoir transférer du travail à l'étranger

jeudi 30 juillet 2015 22h10
 

WASHINGTON, 30 juillet (Reuters) - General Electric prend des mesures pour transférer du travail manufacturier à l'étranger en raison de la fermeture de l'Export-Import Bank américaine jusqu'à septembre au plus tôt, a déclaré jeudi à Reuters le patron des opérations internationales du conglomérat.

John Rice a expliqué que le conglomérat participait à des appels d'offres pour des projets à l'international représentant plus de dix milliards de dollars (9,15 milliards d'euros) et qui ne pourront aboutir sans le soutien d'organismes de crédit à l'export comme l'Ex-Im, contraint d'arrêter ses activités il y a un mois faute de renouvellement de sa charte par le Congrès.

En l'absence de l'Ex-Im, GE est en contact avec des assureurs crédit d'autres pays pour boucler ses projets et dans ce cas la production reviendra à des usines du groupe dans ces pays, à savoir le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Chine et la Hongrie, a expliqué John Rice, qui a rang de vice-président.

"Nous sommes en train de soumissionner maintenant. On identifie les agences de crédit à l'export qui peuvent nous soutenir et ce n'est pas aux Etats-Unis", a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique.

Alors que débutent cinq semaines de vacances parlementaires aux Etats-Unis, on imagine mal que l'Ex-Im Bank puissent reprendre ses activités avant plusieurs mois. Des élus républicains, persuadés que l'institution de 81 ans est devenue un nid de "capitalisme de copains" qui distribue des fonds publics à GE, Boeing et d'autres gros exportateurs, entendent la faire disparaître pour de bon.

Mercredi, le président de Boeing, Jim McNerney, avait affirmé que l'avionneur cherchait activement à transférer des "parties importantes" de ses opérations dans d'autres pays susceptibles de proposer des crédits à l'exportation.

John Rice, qui s'exprimait de Hong Kong, a pris l'exemple d'un projet de turbines à gaz qui seraient normalement assemblées à Houston mais pourraient l'être finalement en Hongrie ou en Chine. "On est obligé de faire cela car sinon on ne peut répondre à l'appel d'offres. Si on gagne ce projet l'an prochain, du travail qui aurait été effectué à Houston le sera ailleurs", a-t-il dit.

Les opposants à l'Ex-Im, à l'image de Ted Cruz, le sénateur républicain et candidat à l'élection présidentielle, font valoir que le secteur privé pourra remplir sans difficulté le vide laissé par la disparition de l'agence fédérale.

"Ces gens ne comprennent pas comment fonctionne la mondialisation, ils ne veulent pas le savoir", a déploré John Rice. (David Lawder, Véronique Tison pour le service français)