Disneyland Paris-Enquête de l'UE sur les prix pour les touristes

mercredi 29 juillet 2015 15h30
 

BRUXELLES, 29 juillet (Reuters) - La Commission européenne mène une enquête sur les prix pratiqués par Disneyland Paris à la suite de plaintes déposées par des visiteurs étrangers qui accusent le parc d'attraction de leur faire payer nettement plus cher qu'aux clients français.

Cette décision de l'exécutif européen s'inscrit dans le cadre d'une politique de répression des pratiques dites de "geoblocking" qui consistent à limiter ou à restreindre l'accès aux produits et services sur la base de l'origine géographique.

La Commission estime que l'arrêt de telles pratiques pourrait relancer l'activité, particulièrement dans le commerce en ligne, ainsi que la croissance, dans l'Union européenne.

La semaine dernière, elle a accusé Sky UK et six studios de cinémas hollywoodiens de restreindre l'accès, par satellite ou en ligne, à des services de télévision payante disponibles au Royaume-Uni et en Irlande.

"Nous sommes en train d'examiner un certain nombre de plaintes, dont plusieurs à l'encontre de Disneyland Paris", a déclaré la porte-parole de la Commission Lucia Caudet.

"Nous avons un nombre non négligeable de plaintes de la part de consommateurs individuels et d'associations de consommateurs nationales. Nous avons observé d'autres parcs d'attraction et n'y avons pas constaté d'écarts de prix aussi importants", a-t-elle ajouté, sans fournir plus de détails.

Disneyland Paris, qui appartient à Euro Disney, a accueilli 14,2 millions de visiteurs l'an dernier, ce qui en fait la destination touristique la plus visitée en Europe. Un peu moins de la moitié des visiteurs étaient français, 16% étaient britanniques et 3% étaient allemands.

Disneyland Paris n'a pas répondu aux sollicitations de commentaires dans l'immédiat.

La Commission a précisé qu'elle travaillait avec les autorités françaises sur le sujet. Des plaintes de consommateurs du même ordre concernant des pratiques discriminatoires en matière de prix ont débouché sur des enquêtes auprès de six compagnies de location de voitures l'an dernier, dont cinq ont accepté de pratiquer des prix plus équitables.

L'association de défense des consommateurs BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs) a salué cette initiative de la Commission européenne.

"Il arrive souvent que les consommateurs ne soient pas conscients qu'il y ait des différences de prix injustifiées dans la mesure où ils ne comparent pas les prix", dit le porte-parole de BEUC Johannes Kleis. "Nous avons l'impression que c'est une pratique courante dans plusieurs secteurs." (Avec Mark John à Paris, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)