Grèce-Varoufakis confirme avoir travaillé sur un plan B

lundi 27 juillet 2015 23h25
 

par Deepa Babington

ATHENES, 27 juillet (Reuters) - Yanis Varoufakis, l'ex-ministre grec des Finances qui a quitté le gouvernement le 6 juillet, a confirmé lundi avoir préparé dans le plus grand secret un "système de paiement parallèle" impliquant le piratage du numéro fiscal des citoyens grecs.

Mais face aux remous provoqués depuis les révélations de ce week-end, notamment dans le quotidien grec Kathimerini, l'ex-ministre a cherché à minimiser l'importance de cette initiative, qualifiée de plan d'urgence "face aux efforts des créanciers visant à miner le gouvernement grec et au vu des forces à l'oeuvre au sein de la zone euro pour expulser la Grèce de l'euro".

Le 13 juillet, le gouvernement grec d'Alexis Tsipras a accepté in extremis un accord avec ses créanciers qui impose à Athènes de nouvelles mesures d'austérité en échange d'un nouveau plan d'assistance financière, le troisième depuis le début de la crise grecque.

Mais les propos de Varoufakis ont toutefois conduit l'opposition grecque pro-européenne à réclamer à Tsipras qu'il fasse toute la lumière sur les préparations d'un éventuel "Grexit" qui ont été menées lors des difficiles négociations avec ses partenaires alors même que le Premier ministre et son équipe affirmaient refuser de l'envisager.

L'existence de ce "plan secret" a été dévoilée par Varoufakis lors d'une conférence téléphonique organisée par le Forum officiel des institutions monétaires et financières (OMFIF), un groupe indépendant d'échanges et de recherches basé à Londres, et enregistrée le 16 juillet.

Dans cet enregistrement, que l'OMFIF a mis en ligne, Varoufakis explique que Tsipras "(lui) a donné son feu vert pour proposer un plan B" avant même que le chef de file du parti de la gauche radicale grecque Syriza n'arrive au pouvoir, en janvier dernier.

Un groupe de travail restreint - cinq personnes dirigées par l'économiste américain James Galbraith - ont travaillé sur ce projet secret.

"Nous envisagions de créer, clandestinement, des comptes de réserves liés à chaque numéro fiscal, sans le dire à personne", poursuit l'ex-ministre.   Suite...