La Grèce face au dilemme de la recapitalisation de ses banques

dimanche 26 juillet 2015 18h42
 

par John O'Donnell, Lefteris Papadimas et Francesco Canepa

FRANCFORT/ATHENES, 26 juillet (Reuters) - Les banques grecques s'apprêtent à laisser les contrôles de capitaux en place pendant plusieurs mois, jusqu'à l'arrivée d'argent frais de la part des partenaires européens d'Athènes, en même temps qu'une restructuration en profondeur du secteur.

Le redressement des banques grecques soulève un difficile dilemme: la zone euro doit-elle prendre une part du capital des établissements de crédit du pays après avoir demandé aux détenteurs d'obligations et même aux gros déposants d'accepter des pertes, ou bien le coût de recapitalisation des banques doit-il s'ajouter à la montagne de dettes qui pèse sur la Grèce?

La réponse à cette question pourrait retarder la conclusion d'un accord pour un troisième plan de sauvetage du pays que les négociateurs veulent boucler dans les semaines qui viennent.

Plus les négociations dureront et plus la situation des banques se dégradera alors même que le plafond de 420 euros par semaine fixé pour les retraits d'argent étouffe l'économie du pays et la capacité des débiteurs à rembourser leurs emprunts.

"Les banques sont complètement paralysées mais l'économie s'affaiblit", note un responsable, faisant référence à l'augmentation du montant des prêts non remboursés.

Le gel des capitaux ne devrait pas disparaître de si tôt, même si les contrôles pourraient être légèrement assouplis comme c'est le cas depuis vendredi pour les transferts d'argent à l'étranger des entreprises.

Le débat est lié à ceux sur les réformes structurelles à mener dans le pays, sur la souveraineté de la Grèce face aux contrôles de ses créanciers européens et sur la question de savoir si l'économie du pays peut se redresser avec une dette de 300 milliards d'euros, bien plus importante que son PIB annuel.

Si la Grèce obtient une nouvelle aide de 25 milliards d'euros pour ses banques -- le montant estimé nécessaire pour recapitaliser le secteur -- celle-ci s'ajoutera à sa dette que le Fonds monétaire international juge excessive et insoutenable.   Suite...