Le risque d'un "Grexit" appartient au passé-Noyer

vendredi 24 juillet 2015 12h50
 

PARIS, 24 juillet (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, estime que le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro est passé et juge "quasi nuls" les risques d'une contagion de la crise du pays au reste des banques européennes.

Dans une interview publiée vendredi par Le Monde, il juge en outre que le rôle de la Banque centrale européenne, dont il est membre du conseil des gouverneurs, a été "exemplaire" pour permettre la conclusion de l'accord entre Athènes et ses créanciers.

A la question de savoir si le risque d'un "Grexit" est derrière nous, il répond : "Oui, je le crois".

"L'essentiel est désormais qu'Athènes mette en place ces mesures avec détermination", ajoute Christian Noyer à propos des réformes que la Grèce s'est engagée à mener en échange d'un nouveau programme d'assistance.

"L'exemple des autres pays passés sous assistance européenne, comme l'Irlande et le Portugal, montre que les réformes structurelles permettent de renouer avec la croissance", souligne-t-il.

Le gouverneur de la Banque de France s'inquiète de la situation des banques grecques, qui ont besoin selon lui d'une première tranche de recapitalisation sans attendre les tests de la BCE qui permettront d'évaluer leurs besoins.

Pour autant, il juge que les risques de contagion de leur situation aux autres banques européennes sont "quasi nuls".

"Les banques étrangères sont déjà largement sorties de leurs investissements en Grèce. La part des financements entre banques s'est réduite", fait-il valoir.

S'agissant de la BCE, il estime qu'elle a "été exemplaire et a agi dans le strict cadre de son mandat, en assouplissant au maximum ses règles d'intervention, notamment pour mettre en place des liquidités d'urgence" aux banques grecques.

"Nous avons fait notre possible pour donner aux Etats le temps nécessaire pour trouver un accord", assure-t-il. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)