Grèce-Nowotny et Weidmann évoquent un allongement de la dette

jeudi 23 juillet 2015 19h24
 

FRANCFORT, 23 juillet (Reuters) - La Grèce pourrait éventuellement se voir accorder plus de temps pour rembourser sa dette, a déclaré un membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), tout en soulignant qu'elle devait d'abord prendre des mesures significatives pour engager des réformes de son économie.

"La zone euro et le FMI (Fonds monétaire international) ont des possibilités juridiques limitées pour la restructuration de dette mais il y a d'autres moyens d'alléger le fardeau de la dette", a dit Ewald Nowotny, gouverneur de la banque centrale autrichienne.

"La question d'un report de la maturité de la dette pourrait en dernier recours être discutée," a-t-il dit dans une interview au journal autrichien Salzburger Nachrichten.

Le président de la Bundesbank a de son côté affirmé qu'il serait possible de prolonger de trois ans les maturités des dettes d'un pays ayant demandé un plan d'aide.

Dans des remarques qui pourraient refléter une volonté de trouver un compromis sur la question de la dette grecque, Jens Weidmann, également membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a dit: "Une des propositions de la Bundesbank envisage, par exemple, un report automatique des échéances de toutes les obligations d'un pays du moment qu'il a demandé un plan (de sauvetage) au Mécanisme européen de Stabilité (MES)."

"Cela réduirait radicalement les besoins de financement d'un éventuel plan", a-t-il dit.

Le gouverneur de la banque d'Autriche Ewald Nowotny a par ailleurs déclaré dans son interview que même si le risque que la Grèce sorte de la zone euro avait "baissé de façon spectaculaire", il existe toujours la possibilité d'un d'"accident" tant qu'un nouveau plan d'aide n'a pas été signé.

"Le climat de négociation est désormais beaucoup plus constructif et je présume donc qu'une solution sera trouvée au bout du compte", a-t-il néanmoins ajouté.

En réaction aux thèses selon lesquelles l'économie grecque se redresserait plus rapidement hors de la zone euro, il a affirmé que c'était une illusion et que le passage à une nouvelle devise serait "un drame économique" pour Athènes, tout en ayant un impact relativement modeste pour le reste du bloc. (John O'Donnell, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)