Japon-Des responsables monétaires inquiets du moindre effet du QQE

mardi 21 juillet 2015 09h35
 

par Leika Kihara

TOKYO, 21 juillet (Reuters) - Plusieurs membres du conseil de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) ont estimé que l'impact du programme d'achats massifs d'actifs pourrait s'estomper, montre le compte-rendu de sa réunion de juin, qui souligne que tous ne partagent pas l'optimisme du gouverneur Haruhiko Kuroda sur un retour de l'inflation à 2% en rythme annuel.

Le conseil, qui compte neuf membres, a considéré que l'inflation sous-jacente, qui exclut les composantes les plus volatiles de l'indice des prix comme ceux de l'alimentation et de l'énergie, devrait continuer à s'améliorer sur le long terme, montre le compte-rendu publié mardi.

Certains membres du conseil ont considéré que l'impact de la politique d'assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE) de la BoJ restait important, notamment au vu de la stabilité à un bas niveau des taux d'intérêt japonais alors qu'ils ont remonté à l'international.

Mais des membres plus pessimistes du conseil, comme l'ancien économiste de marché Takahide Kiuchi, se sont montrés moins convaincus que la stimulation monétaire demeurait suffisamment puissante pour maintenir les taux obligataires à un très bas niveau même si le QQE a permis une reflation de l'économie japonaise.

"Quelques membres ont dit que les effets du QQE pourraient être en train de diminuer, étant donné que les taux d'intérêt à long terme ont momentanément augmenté dans une fourchette de 0,5% à 0,6%", est-il écrit dans le compte-rendu.

La BoJ a maintenu le rythme de ses achats d'actifs depuis le mois d'octobre au cours duquel elle avait annoncé une expansion de son programme d'achats d'actifs afin d'éviter que la chute des cours du pétrole et le ralentissement consécutif de la hausse des prix ne compromettent une sortie définitive de la déflation.

Lors du conseil de politique monétaire de juin, la BoJ avait aussi décidé de réduire le nombre de ses réunions annuelles à huit contre 14 auparavant à compter de l'année prochaine, conformément à la tendance à l'oeuvre dans les autres grandes banques centrales.

Les représentants du gouvernement participant au conseil de juin avaient avalisé cette décision tout en appelant la banque centrale à tenir, comme dans le passé, des conseils extraordinaires si les circonstances l'exigeaient. (Marc Joanny pour le service français, édité par Juliette Rouillon)