July 20, 2015 / 10:24 AM / in 2 years

Des fonds étrangers commencent à investir en Iran

4 MINUTES DE LECTURE

* Quelques fonds veulent investir directement dans le pays

* D'autres attendent que les sanctions soient levées

* Ils sont nombreux à viser des sociétés déjà présentes en Iran

par Karin Strohecker, Daniel Bases et David Randall

LONDRES/NEW YORK, 20 juillet (Reuters) - Quelques investisseurs se sont déjà engagés dans la course à la création de fonds dédiés à l'Iran à la suite de l'accord historique conclu la semaine dernière sur le programme nucléaire du pays, et ils sont nombreux à miser sur les multinationales déjà présentes dans cette économie de 400 milliards de dollars.

L'accord a incité certains d'entre eux à investir d'ores et déjà dans la Bourse de Téhéran, dont la capitalisation atteint 100 milliards de dollars (92,3 milliards d'euros), avant même que les sanctions soient levées, tandis que d'autres sont plus prudents.

Classé parmi les pays à revenu moyen-supérieur, avec une population de 78 millions d'habitants et une production annuelle supérieure à celles de la Thaïlande ou des Emirats Arabes Unis, l'Iran sera la plus importante économie à intégrer le marché mondial et le système financier international depuis l'éclatement de l'Union soviétique il y a plus de 20 ans.

L'intermédiaire Renaissance Capital anticipe un afflux d'un milliard de dollars vers l'Iran au cours de la première année après la fin des sanctions, même si le démarrage pourrait prendre plusieurs mois.

First Frontier Capital, une société d'investissement basée à Londres, crée en ce moment un fonds dédié à l'Iran qui, espère-t-elle, permettra aux investisseurs de prendre des positions sur la Bourse de Téhéran avant même que les sanctions ne soient levées.

"C'est un marché sur lequel tout le monde est totalement sous-pondéré et, de toute évidence, l'argent va y entrer en masse, de l'argent spéculatif dans un premier temps, mais aussi d'autres sources", dit Richard Adley, directeur général de First Frontier, qui compte lancer le fonds dans les deux mois à venir et avoir investi 100 millions d'euros d'ici la fin de l'année.

"De plus, il y a un gros écart de valorisation, l'Iran a beaucoup de rattrapage à faire lorsqu'on compare avec les autres marchés frontières ou émergents", dit-il, estimant les valorisations à seulement cinq ou six fois les résultats.

First Capital n'est pas seul dans son cas. En avril, le broker britannique Charlemagne a annoncé un rapprochement avec une société basée à Téhéran, Turquoise Partners, pour créer des fonds avec pour objectif d'investir dans des actions iraniennes.

D'autres, comme le directeur général de MENA Capital Khaled Abdel Majeed par exemple, se préparent également à investir dans le pays mais craignent qu'un fonds dédié soit trop risqué à ce stade. Ils préfèrent attendre que les sanctions soient levées.

L'Iran ressemble à l'Arabie saoudite dans la mesure où ce sont deux marchés diversifiés et importants d'un point de vue géopolitique, avec des populations stables et attractives, note Asha Mehta, gérante de portefeuille chez Acadian Asset Management à Boston qui gère 500 millions de dollars d'actifs sur des marchés frontières pour les institutionnels.

Néanmoins, vu les problèmes d'accès et de logistique qui restent à régler pour investir directement, les grandes sociétés internationales déjà actives en Iran devraient être privilégiées, au moins à court terme, estime Joana Arthur, gérante actions chez Ashmore à Londres, qui investit environ 1,2 milliard de dollars dans des stratégies tournées vers les marchés frontières.

Un autre gérant, Larry Seruma, s'attend à ce que l'Iran devienne à terme une destination pour son fonds Nile Global Frontier qui gère actuellement 434 millions de dollars. En attendant, il a en portefeuille des sociétés comme le groupe sud-africain de réseaux mobiles MTN Group, qui détient 49% du capital d'Irancell, deuxième opérateur mobile iranien.

Voir aussi:

* Le précédent BNP Paribas plane sur les projets français en Iran:

* ANALYSE-PSA et Renault prêts à revenir en Iran, sur de nouvelles bases: (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)

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