L'épineux problème de la dette des entreprises chinoises

dimanche 19 juillet 2015 16h57
 

par Umesh Desai

HONG KONG, 19 juillet (Reuters) - Le gouvernement chinois a peut-être évité une crise boursière majeure en agissant énergiquement mais la dette des entreprises locales, la plus élevée au monde, représente une menace bien plus grave pour une économie chinoise en phase de ralentissement et sans doute plus difficile à gérer.

La dette des sociétés chinoises -- plus de 16.000 milliards de dollars (15.000 milliards d'euros) ou encore 160% du PIB -- est le double de leurs homologues américaines. Elle s'est sensiblement dégradée ces cinq dernières années, suivant une étude de Thomson Reuters effectuée à partir d'un échantillon de plus de 1.400 entreprises.

Cet endettement augmenterait encore de 77% durant les cinq prochaines années pour atteindre 28.800 milliards de dollars, estime l'agence de notation Standard & Poor's.

Les interventions de Pékin ont eu jusqu'à présent des visées plutôt macroéconomiques, en l'espèce soutenir une croissance dont le rythme serait cette année le plus lent depuis un quart de siècle.

La Banque populaire de Chine a réduit les taux par quatre fois depuis novembre, abaissé le ratio des réserves obligatoires et supprimé le plafonnement des crédits considérés en rapport des dépôts.

Certes, le gouvernement souhaite que ces mesures bénéficient surtout aux PME et aux segments innovateurs de l'économie mais, fait remarquer Louis Kuijs (RBS), "lorsque les robinets du crédit sont ouverts, le risque est que l'argent aille à des sociétés ou des entités à problèmes".

Les banques chinoises ont octroyé pour 1.280 milliards de yuans (190 milliards d'euros) de nouveaux prêts en juin, plus que les 900,8 milliards de yuans de mai.

Les différentes mesures prises ont eu surtout pour effet d'abaisser les coûts financiers à court terme et de stimuler le prêt spéculatif en Bourse. De fait, il est difficile de voir dans quelle mesure les prêts bancaires servent réellement à financer des investissements profitables à l'économie réelle alors que les coûts d'emprunt à long terme restent élevés et que les banques hésitent à prendre des risques.   Suite...