Les nouveaux ministres grecs entrent en fonctions

samedi 18 juillet 2015 12h13
 

par Karolina Tagaris

ATHENES, 18 juillet (Reuters) - Les nouveaux membres du gouvernement grec d'Alexis Tsipras sont entrés en fonctions samedi, à la suite d'un remaniement annoncé la veille qui s'est traduit par la mise à l'écart des ministres hostiles à l'accord trouvé lundi avec les créanciers d'Athènes.

Le Premier ministre de gauche a notamment congédié son ancien ministre de l'Energie, Panagiotis Lafazanis, ainsi que deux secrétaires d'Etat, celui du Travail, Dimitris Stratoulis, et celui de la défense, Costas Isychos.

Ce remaniement sonne comme une rupture avec l'aile la plus à gauche de la coalition Syriza, au pouvoir depuis janvier, et comme le prélude à une nouvelle phase de discussions en vue d'un troisième plan d'aide à la Grèce.

Selon Panos Skourletis, qui a quitté le ministère du Travail pour prendre le portefeuille de l'Energie, la réorganisation de l'équipe gouvernementale est le signe d'un "ajustement à une nouvelle réalité".

L'accord de Bruxelles, approuvé dans la nuit de mercredi de jeudi par le Parlement grec avec le soutien de l'opposition, mais sans celui de près de 40 députés de Syriza, prévoit des mesures d'austérité draconiennes pour l'économie du pays.

"Notre objectif est de négocier âprement sur les termes de l'accord, pas seulement de le valider (...). Il y a de nombreux termes qui restent vagues dans le texte", a déclaré George Katrougalos, nouveau ministre du Travail.

Il a ajouté que le gouvernement, arrivé au pouvoir en janvier sur un programme anti-austérité, allait tout faire pour que l'arrangement soit "socialement juste".

Selon un sondage publié samedi par le journal de gauche Efimerida Ton Syntakton, Syriza remporterait des élections si elles avaient lieu aujourd'hui, avec 42,5% des suffrages, soit près du double des voix promises au parti conservateur Nouvelle Démocratie (21,5%).

D'après le même sondage, 70% des personnes interrogées se disent prêtes à accepter le programme de renflouement de l'économie s'il doit permettre d'écarter l'hypothèse d'une sortie du pays de la zone euro. (Simon Carraud pour le service français)