France-Cambadélis exhorte l'Allemagne à se souvenir de l'Histoire

jeudi 16 juillet 2015 14h58
 

PARIS, 16 juillet (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, appelle jeudi l'Allemagne à "se ressaisir" et à ne plus s'enfermer dans le rôle de "père la rigueur" qu'elle a joué avec la Grèce dans les négociations avec ses créanciers.

Dans une "lettre ouverte à un ami allemand", le patron du PS rappelle l'importance du couple franco-allemand en Europe, ce que l'exécutif s'est employé à faire après avoir été attaqué par l'opposition au sujet des divergences sur le dossier grec.

Mais il dit aussi regretter que Berlin ait imposé des conditions trop dures à Athènes dans le cadre de l'accord scellé avec les créanciers de la Grèce lundi à Bruxelles et surtout que l'Allemagne refuse d'alléger la dette grecque.

Comme ceux qui, aux extrêmes de l'échiquier, ont attaqué l'Allemagne en la renvoyant au IIIe Reich, tel à droite Nicolas Dupont-Aignan, ou à une volonté de "détruire l'Europe", tel à gauche Jean-Luc Mélenchon, il convoque l'Histoire mais pour exhorter son "ami allemand" à en tirer les leçons.

"Cette amitié aura connu de nombreuses vicissitudes, bien avant et bien après Voltaire et Frédéric II. Elle est le coeur et le moteur de l'Europe", écrit Jean-Christophe Cambadélis.

"L'Europe, justement, mon cher ami, ne comprend pas l'obstination actuelle de ton grand pays à vouloir s'enfermer dans ce rôle de petit père la rigueur", poursuit-il.

"Ton pays aurait-il oublié la solidarité de la France aux lendemains mêmes des crimes atroces commis en ton nom ?", dit-il en évoquant les accords de 1953 qui réduisirent la dette allemande de moitié et l'échelonnèrent sur trente ans.

"Berlin doit se souvenir de cette leçon de l'Histoire au moment où elle fait la leçon budgétaire à Athènes", poursuit Jean-Christophe Cambadélis, estimant qu'une annulation de la dette grecque en 2012, lors du second plan de sauvetage, aurait évité le marasme actuel.

Le troisième plan augure d'un nouveau train de mesures d'austérité que Jean-Christophe Cambadélis impute à l'Allemagne, "grande et belle puissance" devenue "le porte-drapeau d'un ordolibéralisme étroit et obtus".   Suite...