LEAD 1-Les Grecs ne veulent pas être "humiliés" par l'Allemagne

dimanche 12 juillet 2015 17h38
 

ATHENES, 12 juillet (Reuters) - De nombreux Grecs accusent l'Allemagne de chercher à les humilier par son intransigeance et sa méfiance envers les dernières propositions faites par Athènes en vue d'obtenir une nouvelle aide internationale.

Elu en début d'année en promettant de mettre fin à l'austérité, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a dû faire cette semaine d'importantes concessions aux créanciers de son pays.

Ces propositions ont été accueillies avec scepticisme dans certains pays européens, notamment par les Allemands, les principaux créanciers de la Grèce.

"Ce qui se passe, c'est qu'on veut humilier la Grèce et les Grecs ou renverser le gouvernement Tsipras", a déclaré à la chaîne Mega TV Dimitrios Papadimoulis, vice-président du Parlement européen et membre du parti de la gauche radicale Syriza, la formation du Premier ministre.

La chancelière Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble se retrouvent dans la ligne de mire.

"Tout ce que je veux, c'est ne pas être humilié par Schäuble et tous les autres", lance Panagiotis Trikokglou, un employé de 44 ans qui vit à Athènes.

"Je me moque bien d'un retour à la drachme, ou de quoi que ce soit, nous soutenons le Premier ministre, quoi qu'il décide, mais aujourd'hui je me sens un peu mal -- pas en raison de Tsipras mais à cause de l'attitude de l'Allemagne. Ce Schäuble n'aime pas les gens, je ne sais pas ce qu'il cherche..."

Pour un responsable du gouvernement grec, "il est clair que certains pays ne veulent pas d'un accord, pour des raisons qui n'ont absolument rien à voir avec les réformes et le programme que nous avons présenté".

"On veut nous punir, certains veulent se venger", juge Dimitri Sevastakis, un député de Syriza.

Wolfgang Schäuble, a proposé samedi une suspension "temporaire" de la Grèce de la zone euro ou une amélioration des propositions de réformes d'Athènes qui passerait par exemple par le transfert à l'étranger du siège du fonds chargé de gérer les revenus des privatisations pour s'assurer que ceux-ci servent exclusivement au remboursement de la dette. (Michele Kambas et Matthias Williams, avec Phoebe Fronista, George Georgiopoulos et Renee Maltezou; Tangi Salaün et Guy Kerivel pour le service français)