12 juillet 2015 / 14:19 / il y a 2 ans

Vifs échanges samedi soir à l'Eurogroupe sur la Grèce

BRUXELLES, 12 juillet (Reuters) - Après des mois de tumultueuses négociations, les esprits se sont échauffés samedi soir lors des discussions à Bruxelles sur la dette grecque.

Après neuf heures d‘échanges, lors de leur sixième réunion d‘urgence en seulement trois semaines, les ministres des Finances de la zone euro semblaient tellement tendus que les débats ont été suspendus peu avant minuit, à la surprise générale.

“C‘était dingue, une vraie classe de maternelle”, a rapporté une source proche des discussions. “Les énergies négatives ont pris le dessus.”

Contrairement à ce qui s‘était passé jusqu‘ici, les échanges les plus vifs n‘ont pas opposé le ministre grec à ses collègues mais les autres ministres entre eux.

Le représentant grec, Euclide Tsakalotos, qui a remplacé la semaine dernière Yanis Varoufakis jugé trop rigide et provocant par ses partenaires européens, est apparu calme et plein de bonne volonté pour convaincre ses interlocuteurs d‘accepter les dernières propositions d‘Athènes en échange d‘une nouvelle aide.

Selon un responsable européen, la suspension des discussions samedi soir a été surtout provoquée par un vif échange entre le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, à propos de la capacité des Grecs à remplir leurs engagements.

“Je ne suis pas stupide !”, a même lancé à Mario Draghi le ministre allemand, partisan d‘une ligne dure vis-à-vis d‘Athènes, alors que la France et l‘Italie se montrent plus souples afin d‘éviter un Grexit.

Aujourd‘hui, pour certains ministres européens, Schäuble en fait trop. “Il a remplacé Varoufakis”, dit même une source.

“Les positions de Schäuble sont irresponsables et peuvent conduire au désastre”, a estimé Gianni Pittella, un allié du président du Conseil italien Matteo Renzi.

En France, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a exhorté le SPD, son parti frère en Allemagne, à faire pression sur Angela Merkel pour qu‘elle mette fin à la “surenchère allemande” sur le dossier grec.

“Les peuples d‘Europe ne comprennent pas la surenchère allemande”, peut-on lire dans un communiqué de Jean-Christophe Cambadélis, qui s‘adresse au vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, également président du SPD.

Les ministres des Finances de la zone euro sont profondément divisés sur l‘ouverture de négociations sur un troisième plan d‘aide à la Grèce, l‘Allemagne ayant même fait circuler une proposition selon laquelle le pays pourrait être mis en congé de la monnaie unique pendant cinq ans s‘il refuse d‘aller au-delà des réformes proposées jeudi par le gouvernement grec. (Jan Strupczewski et Alastair Macdonald, avec Francesco Guarascio et Georgina Prodhan; Guy Kerivel pour le service français)

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