Hausse des rendements italien, espagnol et portugais

lundi 29 juin 2015 11h01
 

LONDRES, 29 juin (Reuters) - Les coûts de financement supportés par les pays du sud de la zone euro étaient en nette hausse lundi matin, les investisseurs redoutant qu'une éventuelle sortie de la Grèce de l'Union économique et monétaire n'ait un effet de contagion sur les autres pays dits "périphériques".

Vers 08h40 GMT, le rendement des obligations souveraines espagnoles à 10 ans augmentait de 13,4 points de base (pdb), à 2,250%, le rendement italien progressait de 13,6 pdb à 2,92% et le portugais de 21,6 (pdb) à 2,961%.

De son côté, le rendement du papier allemand de même échéance, référence du marché obligataire européen, reculait de 14 points de base, à 0,778%.

L'écart de rendement entre obligations souveraines espagnoles et allemandes est ainsi de plus de 150 points de base, au plus haut depuis près d'un an.

Les banques grecques resteront fermées pour une semaine à compter de ce lundi et les retraits aux distributeurs automatiques plafonnés à 60 euros par jour dans le cadre des mesures de contrôle des capitaux qu'Alexis Tsipras a ordonnées pour protéger le système bancaire grec d'une vague de retraits massifs susceptibles d'entraîner la faillite des établissements bancaires.

Ces mesures surviennent au terme d'un week-end de développements inattendus et spectaculaires, avec l'annonce d'un référendum en Grèce sur les propositions des créanciers qui a conduit à une rupture des négociations entre Athènes et ses partenaires avant que la Banque centrale européenne (BCE) décide dimanche de ne pas relever le plafond de ses liquidités d'urgence (ELA), vitales au fonctionnement des banques grecques.

Selon certains analystes, les réactions sur le marché obligataire pourraient s'amplifier au cours de la semaine avec notamment l'échéance du 30 juin, date à laquelle la Grèce pourrait se retrouver en défaut de paiement vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI)

Mercredi, la BCE va passer en revue la pertinence de fonds d'urgence accordés aux banques grecques et, dimanche, les électeurs grecs sont appelés se prononcer par référendum sur les conditions demandées par les créanciers d'Athènes en échange d'une nouvelle aide.

"Aux yeux des intervenants de marché, il y a une possibilité accrue que ces différents événements ne déclenche une forme de sortie (de la Grèce de la zone euro)", a déclaré Michael Michaelides, analyste chez RBS.

"Les investisseurs voient le vote de dimanche comme un référendum de fait sur l'appartenance à la zone euro."

Certains pensent que, en cas d'un défaut effectif de la Grèce, la BCE pourrait augmenter son programme de rachats d'actifs pour apaiser les acteurs de marché. (John Geddie, Benoit Van Overstraeten pour le service français)