LEAD 1-Le Parlement grec approuve le référendum annoncé par Tsipras

dimanche 28 juin 2015 02h42
 

ATHENES, 28 juin (Reuters) - Le Parlement grec a approuvé sans surprise dans la nuit de samedi à dimanche la tenue le 5 juillet prochain d'un référendum pour ou contre les propositions de réformes réclamées par les créanciers d'Athènes en échange du déblocage de nouvelles liquidités.

Le projet soumis par le gouvernement à la ratification des 300 députés de la Vouli a recueilli 178 voix contre 120, selon le décompte en direct du vote, peu avant 03h00 du matin (00h00 GMT).

Lors du débat qui s'est déroulé au préalable, le Premier ministre Alexis Tsipras s'est dit convaincu d'une victoire "retentissante" du non qui, a-t-il dit, renforcera son pays dans les négociations avec les "institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire internationale).

"L'heure de vérité approche pour les créanciers, l'instant où ils vont s'apercevoir que la Grèce ne capitulera pas, que la Grèce n'est pas un jeu qui est terminé", a-t-il déclaré dans un discours ponctué de références à la démocratie et à la dignité nationale.

"Je suis certain que le peuple grec se montrera à la hauteur des circonstances historiques et opposera un 'non' retentissant à cet ultimatum", a ajouté le chef de file du parti de gauche anti-austérité Syriza.

Tirant les conséquences de l'annonce surprise de ce référendum, les ministres des Finances des partenaires européens de la Grèce au sein de la zone euro ont pris acte samedi de la rupture unilatérale des négociations à l'initiative d'Athènes et refusé de prolonger l'actuel programme de renflouement, qui expire mardi, le jour où la Grèce, à court de liquidités, est censée rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI.

Le tournant intervenu ce week-end, empêchant le déblocage d'une dernière tranche d'aide financière, ouvre donc la voie à un défaut grec dès mardi et risque d'enclencher un processus inédit de sortie d'un pays de l'union monétaire.

Les principaux partis de l'opposition grecque se sont élevées contre l'initiative de Tsipras qu'ils jugent dangereuse pour l'avenir de la Grèce.

Ainsi qu'il l'avait fait la veille dans sa première réaction à l'annonce d'un référendum, Antonis Samaras, chef de file du parti de droite Nouvelle démocratie et prédécesseur de Tsipras au poste de Premier ministre, a réaffirmé lors du débat que cette consultation populaire déboucherait sur une sortie de la Grèce de la zone euro.

"Dans ce référendum, ce n'est pas vraiment sur l'accord qu'on va se prononcer, c'est sur le maintien de notre pays dans la zone euro", a-t-il dit.

Samaras a également accusé son successeur de manquer de courage et de fuir ses responsabilités. "Pourquoi ne dites-vous pas directement 'non' aux étrangers ? Pourquoi vous cachez-vous derrière le peuple grec ? Pourquoi ? Parce que vous avez peur", a-t-il dit. (Karolina Tagaris et Lefteris Karagiannopoulos; Henri-Pierre André pour le service français)