27 juin 2015 / 17:28 / il y a 2 ans

ENCADRE-Quels scénarios pour la Grèce en cas de défaut ?

par Jan Strupczewski

BRUXELLES, 27 juin (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro réunis samedi à Bruxelles ont rejeté samedi la demande grecque d‘une prolongation du plan d‘aide dont bénéficie la Grèce, au risque d‘ouvrir la voie à un défaut grec dès mardi.

Athènes doit en effet rembourser 1,6 milliard d‘euros au Fonds monétaire international (FMI) le 30 juin mais n‘a pas les fonds nécessaires pour faire face à cette échéance.

Jusqu‘à samedi, l‘une des possibilités envisagées consistait à conclure un accord sur les réformes et à obtenir le versement par la Banque centrale européenne de 1,8 milliard d‘euros correspondant aux profits réalisés par la BCE sur les obligations d‘Etat grecques qu‘elle a rachetées pendant la crise financière. Mais cette option de dernière minute semble désormais hors de portée.

Voici les principaux enjeux d‘un risque de défaut de la Grèce:

CONTRÔLE DES CAPITAUX

La perspective d‘un défaut pourrait déclencher une ruée sur les guichets des banques dès leur réouverture lundi matin, incitant les autorités à adopter à titre préventif dimanche des mesures de contrôle des capitaux.

Si les retraits bancaires ne s‘accélèrent pas lundi, ils pourraient le faire une fois que le pays sera formellement en défaut.

QUE SE PASSERA-T-IL AU-DELÀ DE MARDI ?

Une fois la Grèce en situation d‘arriérés vis-à-vis du FMI, les gouvernements de la zone euro devront décider s‘ils exigent le remboursement intégral de leurs prêts à la Grèce, comme en ils ont le droit en application des “clauses de défaut”.

Des responsables de la zone euro ont déclaré avant samedi qu‘une telle démarche était peu probable car elle ne manquerait pas d‘aggraver encore la situation financière d‘Athènes. La décision est d‘ordre politique.

L‘AIDE FINANCIÈRE DE LA BCE

Il appartiendra à la BCE de décider si elle continue de soutenir le système bancaire grec par le biais de la “fourniture de liquidité d‘urgence” (emergency liquidity assistance, ELA) si l‘Etat grec se trouve en situation de défaut.

Des responsables de la BCE ont laissé entendre que l‘institution continuerait de soutenir les banques grecques tant que celles-ci disposeraient du collatéral (des actifs à apporter en garantie) nécessaire.

Toutefois, un défaut vis-à-vis du FMI et l‘absence de toute perspective de reprise du financement de la Grèce par la zone euro pourraient se traduire par une chute de la valeur de ce collatéral, qui conduirait la BCE à interrompre son soutien.

L‘ÉCHÉANCE DU 20 JUILLET À LA BCE

Avant de priver les banques grecques de son soutien, la BCE pourrait attendre le 20 juillet, date à laquelle la Grèce doit rembourser pour 3,5 milliards d‘euros d‘obligations d‘Etat détenues par la banque centrale.

Si Athènes n‘effectue pas ce remboursement, il sera difficile pour la BCE de continuer à fournir des liquidités aux banques grecques.

VERS UNE SORTIE LENTE DE L‘EURO ?

Sans le soutien de la BCE, le secteur bancaire grec pourrait s‘effondrer et la Grèce serait alors forcée, faute de liquidités en euro, de trouver une monnaie parallèle, qui pourrait prendre la forme de titres de reconnaissance de dette (des “IOU”).

Cette monnaie parallèle pourrait devenir la nouvelle monnaie grecque. Resterait ensuite à déterminer pendant combien de temps le pays pourrait ou voudrait faire coexister deux monnaies, l‘euro et la monnaie parallèle, sachant que cette dernière subirait sans doute une dévaluation rapide.

avec James Mackenzie à Athènes, Marc Angrand pour le service français

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