Pour le Portugal, il faut une réponse commune au risque de "Grexit"

vendredi 19 juin 2015 21h07
 

LISBONNE, 19 juin (Reuters) - Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho affirme dans une interview accordée vendredi à Reuters que personne ne doute que la Grèce, en situation de "pré-banqueroute", a besoin d'un troisième plan de sauvetage.

Mais, ajoute-t-il, les dirigeants européens doivent se préparer à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro en mettant au point une réponse commune.

"Il serait impensable que dans notre union monétaire il n'y ait pas de réponse commune à une telle situation", a-t-il dit à Reuters. Si la Grèce devait quitter l'union économique et monétaire, poursuit-il, la zone euro devrait réagir comme un tout et non pas pays par pays.

Cette réponse commune, continue-t-il, "doit être préparée par les banques centrales et par la Banque centrale européenne. C'est absolument clair pour moi."

La Grèce et ses créanciers internationaux tentent de s'entendre sur les termes d'un accord "réformes contre argent frais" qui permettrait à Athènes de rembourser les échéances de 1,6 milliard d'euros dues au Fonds monétaire internationale (FMI) au 30 juin.

Sans accord, Athènes pourrait être dans l'incapacité de s'acquitter de cette somme et se déclarer en défaut de paiement, une situation inédite pour un pays de la zone euro dont les dirigeants se réuniront en sommet extraordinaire lundi. (voir )

"Si j'étais dans la situation du Premier ministre grec, je serais extrêmement inquiet et je rechercherais une solution", a dit Pedro Passos Coelho à Reuters.

Le Portugal, qui a comme la Grèce obtenu un programme de sauvetage financier pendant la crise de la dette de 2011, est sorti de ce plan d'aide le mois dernier. (voir )

Le Premier ministre estime que son pays est en bien meilleure position pour faire face aux conséquences d'une sortie accidentelle de la Grèce de la zone euro. (Axel Bugge et Sergio Goncalves; Juliette Rouillon et Henri-Pierre André pour le service français)