La droite conserve la région de Madrid avec l'appui de Ciudadanos

vendredi 19 juin 2015 18h47
 

MADRID, 19 juin (Reuters) - Une semaine après avoir perdu la mairie de Madrid, le Parti populaire (PP) du président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a conclu vendredi un accord avec les centristes de Ciudadanos qui lui permet de conserver le contrôle de l'exécutif de la région de Madrid.

En échange du soutien de ses 17 élus à l'assemblée régionale, Ciudadanos ("les citoyens"), formation qui a fait irruption avec force sur la scène politique espagnole, a obtenu des engagements en matière de transparence et sur les services publics.

Le parti centriste ne participera toutefois pas à l'exécutif régional que dirigera Cristina Cifuentes.

Justifiant cette alliance, le leader madrilène de Ciudadanos, Ignacio Aguado, a expliqué que les électeurs espagnols réclamaient "dialogue et compréhension à travers le spectre politique". "C'est ce que nous allons entreprendre", a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse commune avec Cifuentes.

Mais les politologues estiment que Ciudadanos, qui a fait de la lutte contre la corruption le fer de lance de son action, prend un risque en s'alliant avec le PP, dont plusieurs cadres ont été arrêtés pour malversations financières présumées.

Arrivée en tête des élections municipales et régionales du 24 mai dernier, la droite espagnole a néanmoins enregistré son pire score à un scrutin local depuis 1991, en recul de plus de dix points par rapport aux précédentes élections locales, il y a quatre ans.

Au jeu des alliances nouées depuis entre les formations politiques, le Parti populaire de Rajoy ne conserve que quatre exécutifs régionaux sur les 13 qui étaient en jeu - en plus de la région de Madrid, il gouvernera en Murcie, en Castille-et-Leon et dans la Rioja.

La région de Valence, longtemps bastion de la droite, bascule en revanche à gauche et sera gouvernée par les socialistes du PSOE avec le soutien des élus de Podemos (Nous pouvons), formation issue du mouvement des Indignés de 2011 qui a percé aux élections du mois dernier.

Dans les mairies, quatre des cinq principales villes du pays (Madrid, Barcelone, Valence et Saragosse) se sont dotées le week-end dernier de maires soutenus par des plateformes de la gauche radicale appuyées par le parti anti-austérité. (voir )

C'est dans ce contexte d'éclatement du bipartisme qui dominait l'Espagne post-franquiste que le pays s'apprête à entrer en campagne pour les élections législatives prévues cet automne. Selon les sondages, le PP arriverait en tête mais, comme dans les régions et les municipalités, ne serait sans doute pas en mesure de gouverner seul. (Elisabeth O'Leary; Henri-Pierre André pour le service français)