Les Grecs amassent l'argent liquide de peur d'une crise bancaire

vendredi 19 juin 2015 18h37
 

par George Georgiopoulos

ATHENES, 19 juin (Reuters) - Dans l'agence Alpha Bank du centre d'Athènes, l'ambiance est calme, l'activité n'est pas plus importante qu'à l'ordinaire et rien ne suggère que la Grèce est menacée à brève échéance d'une crise bancaire qui pourrait la conduire à sortir de la zone euro.

Mais Costas Alafouzos, l'un des guichetiers de l'établissement, explique que les clients sont nombreux à venir retirer leur argent, de peur de ne plus pouvoir le faire dans quelques jours.

"Ça ne se voit pas, il n'y a pas de files d'attentes, mais c'est bien ce qui est en train de se passer. Les retraits ont augmenté, principalement en liquide, depuis une semaine", dit-il.

L'absence d'avancée dans les discussions entre Athènes et ses créanciers ces derniers jours a nourri la crainte d'un "accident".

Et si le rythme des retraits aux guichets des banques s'accélère, les autorités pourraient devoir mettre en place des mesures de contrôle des capitaux, ce qui limiterait le montant des retraits autorisés.

"Il est très possible que ce que nous espérons éviter se produise. Bien sûr, si c'est le cas, la prochaine étape sera le chaos et la catastrophe", dit Ioannis Simaresis, un économiste rencontré dans une file d'attente devant un distributeur de billets.

Depuis plusieurs mois déjà, les banques grecques sont dépendantes des liquidités que leur fournit la banque centrale nationale dans le cadre de l'ELA ("emergency liquidity assistance"), l'un des mécanismes d'assistance de la Banque centrale européenne (BCE).

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