Pour Tsipras, les créanciers veulent "humilier" son gouvernement

mardi 16 juin 2015 14h37
 

ATHENES, 16 juin (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a fustigé mardi la volonté qu'il prête aux bailleurs de fonds de son pays de vouloir "humilier" son gouvernement et déclaré que leur insistance à réclamer de nouvelles coupes budgétaires avait des motivations politiques.

Il a ajouté qu'il voulait d'un accord qui fasse taire une fois pour toutes les voix qui évoquent une sortie de la Grèce de la zone euro mais il a aussi souligné que son gouvernement avait pour mandat de mettre fin à l'austérité, confirmant ainsi les positions qu'il soutient depuis la rupture des négociations avec les créanciers dimanche.

"Le mandat que nous avons obtenu du peuple grec est d'en finir avec la politique d'austérité", a-t-il déclaré à des parlementaires de son parti de gauche radicale Syriza. "Pour y parvenir, nous devons rechercher un accord qui répartisse le fardeau équitablement et qui ne porte pas préjudice aux salariés et aux retraités".

Les déclarations fermes du Premier ministre grec semblent alimenter un peu plus l'incompréhension entre Athènes et ses bailleurs de fonds, alors même que la menace d'un défaut pèse de plus en plus sur la Grèce et par contrecoup celle d'une sortie de la zone euro.

Tsipras a également dit que la Banque centrale européenne (BCE) tenait au principe de l'"étranglement" financier de la Grèce et il a reproché à cette dernière et à l'Union européenne en général de s'opposer à toute procédure d'allègement de la dette. (Renee Maltezou et Lefteris Papadimas, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)