Loi Macron-Gattaz salue le 49-3, déplore la contestation à droite

mardi 16 juin 2015 10h36
 

PARIS, 16 juin (Reuters) - Face à l'urgence de réformer la France, l'utilisation du 49-3 pour la loi Macron est une bonne chose et l'annonce d'une future saisie du Conseil constitutionnel par la droite relève de la "politique politicienne", a déclaré mardi le président du Medef.

Selon Pierre Gattaz, le retour de la confiance des chefs d'entreprise, essentielle pour créer des emplois, reste handicapée par les contraintes qu'imposent dès qu'ils en ont l'occasion les parlementaires de la majorité aux entreprises.

Malgré les récentes annonces pour les très petites et moyennes entreprises qu'il a saluées, il a fait état d'"une très grande méfiance des entrepreneurs qui attendent toujours le mauvais coup".

"Le Medef ne fait pas de politique, on est focalisé sur l'ambition de créer des emplois", a-t-il ajouté. "La croissance est en train de redémarrer, il faut absolument qu'elle crée de l'emploi et pour créer de l'emploi arrêtons de rajouter des cotisations et surtout des contraintes à nos entreprises."

L'annonce par des élus Les Républicains qu'ils saisiraient le Conseil constitutionnel sur la loi Macron ? "C'est dommage", a-t-il dit.

"Sur des enjeux aussi importants, une loi Macron qui va globalement dans le bon sens (...) il faut dépasser les clivages politiques", a-t-il ajouté. "J'aimerais que la classe politique dans son ensemble soit responsable et ait un principe de réalité, de réalisme et de pragmatisme et non pas d'être dans la politique politicienne."

Quant à l'utilisation du 49-3 par le Premier ministre face au risque de voir une partie de sa majorité voter contre le texte, Pierre Gattaz a jugé qu'il s'agissait d'un "bon choix".

"J'aurais préféré que la majorité et l'ensemble de la classe politique puisse débattre sereinement des contraintes des entrepreneurs sans faire de politique politicienne et sans faire d'idéologie".

"Donc, oui au 49-3 s'il permet d'aller vite et fort, on ne peut plus attendre."

Ce nouveau passage en force de Manuel Valls, qui coupe l'herbe sous le pied des "frondeurs" du Parti socialiste, des écologistes et du Front de gauche, est mal accueilli dans leurs rangs. (Jean-Baptiste Vey)