LEAD 1-Pression croissante sur la Grèce pour un accord rapide

lundi 8 juin 2015 18h25
 

(Actualisé avec Noyer, Varoufakis)

KRÜN, Allemagne, 8 juin (Reuters) - La France et l'Allemagne ont exhorté lundi la Grèce et ses créanciers à aller désormais très vite en besogne pour parvenir à un accord sur la dette grecque afin d'éloigner le spectre d'une sortie du pays de la zone euro.

"La raison, et je pense que maintenant il faut en appeler à cette dimension-là, la raison conduit à aller à un bon rythme vers la conclusion d'un accord", a dit François Hollande lors d'une conférence de presse à la fin du G7 organisé en Bavière.

Le chef de l'Etat a prôné des discussions entre la Grèce et ses créanciers "dans les heures ou les jours qui viennent", de façon à trouver un terrain d'entente après qu'Athènes a rejeté les propositions des institutions internationales.

François Hollande a ajouté que des discussions sur ce sujet devraient avoir lieu mercredi à Bruxelles en marge d'un sommet entre les dirigeants de l'Union européenne, des pays latino-américains et des Caraïbes.

"Nous voulons que la Grèce reste membre de la zone euro mais nous adoptons la position claire selon laquelle la solidarité avec la Grèce exige que la Grèce fasse des propositions et applique des réformes", a renchéri Angela Merkel lors d'une conférence de presse séparée à l'issue du G7.

"Il ne reste pas beaucoup de temps", a-t-elle ajouté. "Chaque jour compte maintenant."

Ce sentiment d'urgence est partagé par Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui a jugé lundi lors d'un déplacement au Québec qu'Athènes ne disposait que de quelques jours pour conclure un accord avec ses créanciers.

Il a estimé qu'un éventuel "Grexit" n'affaiblirait pas la zone euro mais plutôt la Grèce elle-même.

Du côté d'Athènes, le ton est apparu plus conciliant après les tensions des derniers jours. Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a déclaré avoir eu lundi à Berlin une rencontre "très utile" et "extrêmement amicale" avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble. (Paul Taylor à Krün; Julien Ponthus et Myriam Rivet pour le service français, édité par Yves Clarisse et Patrick Vignal)