LEAD 1-Athènes dément tout incident avec Juncker

samedi 6 juin 2015 19h03
 

(actualisé avec démenti d'Athènes)

BRUXELLES, 6 juin (Reuters) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, n'a pas refusé de s'entretenir samedi par téléphone avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, a démenti Athènes après des propos d'un responsable de l'exécutif européen.

Reuters avait rapporté plus tôt que Jean-Claude Juncker avait refusé de prendre un appel téléphonique d'Alexis Tsipras parce qu'Athènes n'avait pas honoré sa promesse de fournir jeudi des propositions sur la renégociation de sa dette.

"Ce n'est pas exact", a dit le responsable grec.

Tsipras, un moment attendu vendredi à Bruxelles, ne s'y est finalement pas rendu. Selon une source diplomatique européenne, le Premier ministre grec se rendra mardi dans la capitale belge avant un sommet UE-Amérique latine.

Devant le Parlement grec, le chef de file du parti de gauche Syriza a déclaré vendredi que son gouvernement ne pouvait accepter les propositions "absurdes" et "irréalistes" qui lui ont été présentées cette semaine par les créanciers de la Grèce (CE, BCE et FMI) et a dit vouloir croire à leur retrait.

Alexis Tsipras a néanmoins estimé qu'en dépit de ce qu'il a qualifié de "recul dans les négociations", Athènes, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) étaient "plus proches que jamais d'un accord" -- à condition que la proposition "réaliste" de son gouvernement, qui répond selon lui aux attentes des créanciers, soit prise en considération.

"Nous savons que c'est en partie du théâtre, mais nous ne sommes pas obligés de jouer un rôle dans chaque scène du drame", a commenté le responsable européen.

Dans une interview au quodidien Stuttgarter Nachrichten, le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel estime que la conclusion d'un accord ne dépend désormais que du gouvernement grec. "L'Europe est allée jusqu'à ses limites", dit-il.

Le vice-chancelier, un social-démocrate, critique également directement le Premier ministre Alexis Tsipras en déclarant: "Le problème est qu'il n'est pas disposé à régler les problèmes qui doivent l'être. Il préfère plutôt les faire porter par les épaules des contribuables européens. Mais cela ne marchera pas." (Jan Strupczewski, avec Michael Nienaber à Berlin; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)