5 juin 2015 / 15:17 / dans 2 ans

Belvédère risque une prise de contrôle rampante, avertit l'Adam

* Diana Holdings veut la majorité au conseil d‘administration

* Pour Colette Neuville, Diana Holdings doit en payer le prix

* L‘AG du 30 juin sera décisive

par Pascale Denis

PARIS, 5 juin (Reuters) - Belvédère risque une prise de contrôle rampante par le concert formé de Diana Holdings et Castel, qui détient 22,97% du capital du groupe mais réclame la majorité au conseil d‘administration, estime Colette Neuville, présidente de l‘Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam).

Diana Holdings, qui détient 17,31% du capital du groupe de spiritueux (Marie Brizard, William Peel, Sobieski), a réclamé la démission de quatre administrateurs indépendants, dont celle du président du conseil, et la constitution d‘un nouveau conseil de huit membres comportant quatre représentants du concert constitué avec Castel.

Avec les droits de vote double dévolus à la présidence du conseil, qui serait assumée par Rita Maria Zniber, PDG de Diana Holdings, le conseil de Belvédère serait de fait contrôlé par le groupe agroalimentaire marocain.

“Il faut que les actionnaires se mobilisent pour éviter une prise de contrôle rampante de la société”, a déclaré à Reuters Colette Neuville, précisant avoir été mandatée par certains d‘entre eux pour “faire en sorte que des actionnaires minoritaires ne prennent pas le contrôle de l‘entreprise sans en payer le prix”.

Les quatre administrateurs indépendants, dont la démission a été réclamée par Diana Holdings - Benoît Hérault, président du conseil, Christine Mondollot, Constance Benqué et Benoît Ghiot - ont réagi en remettant leur mandat en jeu lors de l‘assemblée générale du 30 juin.

Ils ont ainsi annoncé qu‘ils démissionneraient - à l‘issue de l‘assemblée générale - pour soumettre dans la foulée aux actionnaires le renouvellement de leur mandat.

“Madame Zniber souhaite prendre le contrôle de Belvédère avec seulement 23% du capital, sans payer de prime”, renchérit Benoît Hérault, président du conseil de Belvédère, ajoutant que le débat doit être tranché par les actionnaires.

Interrogé, Diana Holdings s‘est refusé à tout commentaire.

PERSPECTIVES DE VALORISATION

L‘absence de prime de contrôle s‘avère d‘autant plus problématique, selon Collette Neuville, que les perspectives de valorisation du titre Belvédère semblent prometteuses.

Après avoir été au bord du gouffre il y a deux ans, l‘entreprise dirigée par Jean-Noël Reynaud est en voie de redressement. Elle a réduit ses pertes en 2014 et renoué avec la croissance au premier trimestre, récoltant les premiers fruits de son plan stratégique “BIG 2018”.

“Nous avons fait du bon travail depuis 18 mois. Il nous semble normal de pouvoir poursuivre sur cette voie”, a observé Benoît Hérault.

Salués par le marché, ces résultats comme la montée au capital de la famille Zniber ont fait grimper le titre en Bourse. A 19,83 euros vendredi après-midi, la valeur s‘adjuge 83% depuis le début de l‘année.

Diana Holdings, qui a dit apporter tout son soutien à la direction opérationnelle de Belvédère et vouloir accélérer son plan stratégique, a récemment estimé que “la gouvernance manque clairement d‘ancrage dans (le) secteur”.

Septième groupe privé du Maroc, Diana Holdings, propriété de la famille Zniber, est aussi le numéro un marocain des vins et des spiritueux.

Arrivé au capital de Belvédère en septembre 2014, le groupe cherche à se diversifier à l‘international.

Edité par Dominique Rodriguez

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