Les rendements des Bunds à des pics de 2015 après Draghi

mercredi 3 juin 2015 18h52
 

LONDRES, 3 juin (Reuters) - Les rendements des emprunts d'Etat allemands ont atteint des plus hauts de l'année mercredi en réaction aux propos du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, qui a minimisé les inquiétudes sur l'envolée des coûts d'emprunt dans la zone euro au cours du mois écoulé.

Alors que les investisseurs s'attendaient à ce qu'il s'efforce de faire baisser les rendements, dont la hausse avait été qualifiée d'"inquiétante" par son collègue du directoire Benoît Coeuré deux semaines plus tôt, Mario Draghi a relativisé l'accès de volatilité des marchés.

La remontée des anticipations d'inflation peut être un facteur expliquant la hausse des rendements dans la zone euro depuis la fin avril, quand les coûts d'emprunt allemands étaient quasiment à zéro, a-t-il dit.

La BCE a relevé sa prévision d'inflation pour cette année à +0,3%, au lieu de l'inflation nulle qu'elle prévoyait en mars, du fait du rebond des cours du pétrole, de la reprise économique et de l'impact de son programme d'achat d'actifs.

Mais Draghi a aussi cité la faible liquidité du marché, les importantes émissions de dette et le comportement moutonnier des investisseurs pariant tous sur des rendements faibles.

Un environnement de taux d'intérêt faibles a tendance à accentuer la volatilité, a-t-il encore noté, ajoutant que "le Conseil des gouverneurs a été unanime pour considérer que nous devrions passer outre ces développements et maintenir une trajectoire régulière de notre politique monétaire."

Le rendement du 10 ans allemand a grimpé de près de 20 points de base sur la séance, à 0,89%, en route pour sa plus forte progression en deux jours depuis 1998.

"Le sentiment est fragile et le marché espérait qu'il (Draghi) interviendrait verbalement, or il n'en a rien été", commente Riccardo Barbieri, stratège chez Mizuho.

Les rendements d'obligations européennes moins bien notées ont également atteint des pics de 2015 mais avec des variations moins spectaculaires, du fait des incertitudes persistantes sur les négociations en cours entre la Grèce et ses créanciers. (Marius Zaharia et Emelia Sithole-Matarise, Véronique Tison pour le service français)